À Matadi (Kongo-Central), les prix des produits surgelés baissent nettement depuis le 16 octobre 2025, sous l’effet de l’appréciation du franc congolais. Chez les grossistes SOKIN et SOCIMEX, les grilles tarifaires ont été revues à la baisse et l’achat de vivres frais redevient plus accessible.
Ce qui change pour les ménages et les grossistes
Le carton de 30 kg de chinchard coûte désormais 138 000 CDF contre 208 000 CDF auparavant, soit une baisse de 33,7 %. Les cuisses de poulet à rôtir passent de 64 000 CDF à 43 000 CDF, soit -32,8 %. Sur l’étal, la correction s’observe au kilo : le poisson glisse d’environ 10 000 CDF à 6 500 CDF (-35 %), tandis que les cuisses de poulet descendent de 8 000 CDF à 6 500 CDF (-18,8 %).
Les commerçants interrogés confirment l’ajustement des tarifs en lien avec le taux de change. Quand le franc congolais se renforce face au dollar, les coûts d’importation des surgelés diminuent, ce qui se répercute sur les prix de gros puis de détail. La cité portuaire profite rapidement de cette transmission, les cargaisons arrivant et se déchargeant sur place avant d’alimenter les marchés urbains.
Les ménagères rencontrées dans les boucheries parlent d’un panier alimentaire allégé. Le même budget permet d’acheter un peu plus de protéines, ou de conserver une partie de la dépense pour d’autres besoins du foyer. Pour les grossistes, l’écoulement des stocks s’accélère, avec un volume de ventes mieux soutenu par des prix plus bas et une liquidité qui circule davantage.
Cette détente ne se limite pas aux surgelés. Une tendance baissière avait déjà été observée sur certains produits manufacturés dans la ville, avant de s’étendre aux rayons réfrigérés. Si la devise locale maintient son niveau, les marchés pourraient stabiliser leurs tarifs et offrir un pouvoir d’achat un peu plus solide aux ménages de Matadi. Les acteurs restent attentifs au change et aux coûts logistiques, deux variables qui structurent les marges sur ces denrées importées.
— Peter MOYI

