Partenariats miniers RDC–Rwanda–USA : le CNPAV exige transparence et respect du Code minier

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Les discussions en cours autour des nouveaux partenariats économiques entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et les États-Unis suscitent une attention particulière du collectif « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV). L’organisation prévient : ces accords, qui concernent l’exploitation de ressources stratégiques comme le cuivre, le cobalt ou le lithium, doivent être bâtis sur la transparence, le respect du Code minier et la protection des intérêts nationaux.

Le 1er août 2025, Kinshasa et Kigali ont signé, sous la facilitation américaine, une déclaration d’intention pour créer un cadre d’intégration économique régionale. Ce dispositif couvrirait des domaines variés : énergie, infrastructures, chaîne d’approvisionnement en minerais, gestion des parcs nationaux, tourisme ou encore santé publique. En parallèle, la RDC et Washington négocient un accord bilatéral destiné à faciliter l’investissement américain dans le secteur minier, particulièrement dans les filières stratégiques.

Pour le CNPAV, ces pourparlers doivent être encadrés par des garanties précises. L’organisation insiste sur l’application stricte du Code minier, qui impose souveraineté sur les ressources, développement de chaînes de valeur locales, transfert de technologies et emplois pour les Congolais. Elle met en garde contre tout arrangement qui s’écarterait de ces principes, citant comme exemple la Convention Sicomines, jugée déséquilibrée et défavorable à la RDC.

La question de la transparence figure au centre des préoccupations. Le CNPAV demande la publication des noms des négociateurs congolais, des termes de référence de leur mission et des rapports réguliers sur l’avancement des discussions. Pour l’organisation, la confiance de la population dépend de cet accès clair à l’information.

Autre point critique : la corruption, perçue comme l’obstacle majeur à des accords équitables. Le CNPAV rappelle que lors de la renégociation de la Convention Sicomines, certains négociateurs auraient perçu près de 30 millions de dollars de l’entreprise chinoise impliquée. Ces versements, jugés illégaux, auraient pesé sur le résultat final. Le collectif réclame donc des mécanismes stricts pour prévenir, détecter et sanctionner toute irrégularité financière.

La gouvernance du secteur extractif reste également un enjeu central. Le CNPAV appelle les partenaires internationaux, en particulier les États-Unis, à soutenir les réformes visant à réduire le train de vie des institutions, assainir le climat des affaires et mettre fin à l’impunité autour des crimes économiques liés à l’exploitation illicite des ressources. Cette vigilance inclut les accusations visant le Rwanda dans ce domaine.

En toile de fond, le collectif réaffirme sa détermination à défendre la souveraineté et les intérêts du peuple congolais. Chaque accord doit, selon lui, contribuer directement au bien-être de la population et à une prospérité durable, loin des pratiques opaques et des bénéfices captés par une minorité.

— M. KOSI

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