Les dépôts bancaires ont reculé en République démocratique du Congo en février 2026. Selon la Banque centrale du Congo, leur encours global a diminué de 1,63 % pour s’établir à 16,6 milliards USD au 28 février. Dans le même temps, les crédits accordés par les banques ont aussi enregistré un léger repli, signe d’un ralentissement de la liquidité à court terme.
Cette baisse mensuelle provient surtout du recul des dépôts des entreprises privées, en particulier des petites et moyennes entreprises. Dans le détail, les dépôts en francs congolais ont diminué de 2,73 %, tandis que ceux en devises ont reculé de 1,47 %. Malgré ce mouvement sur un mois, la tendance reste orientée à la hausse sur une période plus large, avec une progression de 2,5 % par rapport à fin décembre 2025. Autrement dit, le système bancaire conserve une base d’épargne relativement stable, même si des ajustements apparaissent à court terme.
Une épargne dominée par le dollar et des crédits en léger repli
La structure des dépôts confirme que la dollarisation reste très élevée. Au 28 février 2026, 87,75 % des dépôts étaient libellés en devises, contre seulement 12,26 % en francs congolais, une part en légère baisse par rapport au mois précédent (12,39 %). Cela signifie que la majorité des épargnants, qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises, continue de privilégier les monnaies étrangères pour conserver leur argent, ce qui limite l’ancrage du franc congolais dans les transactions financières.
Les dépôts bancaires restent concentrés autour de deux acteurs principaux. Les ménages représentent 35,4 % de l’encours total, suivis des entreprises privées avec 33,1 %. Cette répartition montre que l’épargne dépend largement du comportement des particuliers et de la santé financière du secteur privé. Lorsque les entreprises réduisent leurs dépôts, cela peut refléter des tensions de trésorerie ou un besoin accru de liquidités pour faire face à leurs activités.
Du côté du financement, les crédits bruts ont atteint 10,36 milliards USD, en baisse de 0,87 % sur un mois. Cette diminution concerne plusieurs catégories d’emprunteurs : les financements à l’administration publique locale ont reculé de 13,2 %, ceux à l’administration centrale de 6,6 %, aux entreprises publiques de 4,4 %, et à d’autres secteurs institutionnels de 15 %. La contraction touche à la fois les prêts en monnaie nationale et en devises. Les crédits en francs congolais sont passés de 321,85 millions CDF à 287,98 millions CDF, tandis que les crédits en devises ont reculé de 4 % pour s’établir à 9,57 milliards USD.
La baisse simultanée des dépôts et des crédits reste modérée, mais elle donne une indication sur le fonctionnement du système bancaire. Elle peut traduire une plus grande prudence des banques dans l’octroi des prêts, ou des besoins de liquidité plus importants du côté des entreprises. L’évolution de ces indicateurs dans les prochains mois permettra de mieux apprécier la capacité du secteur bancaire à soutenir l’activité économique.
— M. KOSI


