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RDC : paiement de l’impôt en francs congolais, une mesure pour stabiliser les recettes face au taux de change

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo impose désormais aux entreprises le paiement de l’impôt en francs congolais, y compris pour celles qui tiennent leur comptabilité en devises étrangères. Cette décision, annoncée à Kinshasa par le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, concerne notamment les opérateurs des secteurs minier, pétrolier et des hydrocarbures.

La mesure s’applique à l’Impôt sur les Bénéfices et Profits (IBP) au titre des revenus 2025, dans le cadre de l’exercice fiscal 2026. Elle intervient dans un contexte de volatilité du taux de change observée fin 2025, qui a affecté la valeur réelle des recettes fiscales et la cohérence des déclarations.

Concrètement, le résultat fiscal reste déterminé dans la devise de tenue de la comptabilité, tout comme le calcul de l’impôt et l’imputation des acomptes provisionnels. Toutefois, le paiement final devra être effectué en monnaie nationale, sur la base du taux de change en vigueur fixé par la Banque Centrale du Congo au moment du règlement.

Ce mécanisme vise à corriger les distorsions liées aux fluctuations du taux de change, qui peuvent réduire la valeur des recettes publiques lorsque les paiements sont effectués en devises. En imposant le règlement en francs congolais, l’État cherche à sécuriser ses revenus et à renforcer la cohérence budgétaire.

Au-delà de l’aspect technique, cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la monnaie nationale et de réduction de la dépendance à la dollarisation, encore élevée dans l’économie congolaise. Elle pourrait également améliorer la prévisibilité des recettes fiscales, un enjeu central dans un contexte de pression sur les finances publiques.

Les autorités fiscales appellent les entreprises à se conformer strictement à ces nouvelles dispositions, sous peine de sanctions. Dans les faits, leur mise en œuvre dépendra de la capacité des opérateurs à adapter leurs systèmes comptables et de la stabilité du cadre macroéconomique.

— M. KOSI

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