RDC : PHC double sa production d’huile de palme en trois ans et crée 10 000 emplois

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La République démocratique du Congo exploite un potentiel agricole rarement égalé en Afrique, avec 80 millions d’hectares de terres arables, un climat favorable et une population jeune d’environ 100 millions d’habitants. Cette base fonde une perspective de développement agricole à grande échelle, capable de desservir un marché régional de 500 millions de consommateurs répartis dans neuf pays voisins, un facteur déterminant pour la sécurité alimentaire et la croissance économique régionale.

Plantations et Huileries du Congo (PHC), sous la direction de Monique Gieskes, illustre une trajectoire de progression industrielle notable dans ce secteur. La société a doublé sa production d’huile de palme en trois ans, tout en réduisant ses coûts, un exploit dans un environnement caractérisé par des infrastructures limitées et un accès à l’énergie encore insuffisant. Cette croissance s’accompagne d’une hausse significative de l’emploi direct, avec près de 10 000 salariés sous contrat, soulignant le rôle du secteur privé dans la création d’emplois formels dans un pays où le taux de chômage est difficile à mesurer mais où le travail informel prédomine.

Au-delà de la production, PHC engage des investissements sociaux considérables, dont la réhabilitation de près de 40 écoles et la gestion de quatre hôpitaux totalisant 460 lits. L’entreprise a aussi amélioré l’accès à l’eau potable dans plusieurs zones rurales, une dimension essentielle dans un pays où seulement 52 % de la population a accès à l’eau potable selon les données de la Banque mondiale. Ces initiatives participent à renforcer la stabilité sociale et le capital humain, indispensables à la pérennité des investissements.

Wale Adeosun, président de Kuramo Capital Management, principal investisseur de PHC, met en avant une vision d’investissement à long terme qui valorise le capital humain et la durabilité. Son approche, qui allie partenariat local et engagement social, sert de contrepoint aux critiques récurrentes sur l’exploitation des ressources africaines. Ce positionnement stratégique souligne que le développement agricole peut être un levier de diversification économique et de réduction de la dépendance aux matières premières extractives.

La conférence Africa Debate 2025 à Londres, où ont également pris la parole des figures telles que Marie-Chantal Kaninda, présidente de Glencore RDC, ainsi que le président kényan William Ruto, témoigne d’une prise de conscience internationale accrue sur le rôle de l’agriculture dans le futur économique du continent. Pour la RDC, le défi reste d’amplifier ces premières avancées, notamment en améliorant les infrastructures de transport et en renforçant la connectivité énergétique, conditions indispensables pour accompagner une montée en puissance industrielle et assurer une intégration régionale effective.

Le secteur agricole congolais, par son poids potentiel, pourrait ainsi jouer un rôle stratégique dans l’équilibre économique régional, en stimulant non seulement la production alimentaire mais aussi en offrant des débouchés industriels et des emplois durables.

— Peter MOYI

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