En juillet 2025, les caisses publiques de la République démocratique du Congo ont engrangé 3 725,5 milliards de francs congolais (soit un peu plus de 1,2 milliard de dollars), selon les données publiées par la Banque centrale du Congo. Près de 85 % de ce montant, soit 3 172,8 milliards de CDF (1,1 milliard USD), proviennent des régies financières, confirmant leur rôle pivot dans le financement du budget national.
La Direction générale des impôts s’est distinguée avec 2 115,5 milliards de CDF collectés, principalement grâce au versement du deuxième acompte de l’impôt sur les bénéfices et profits pour l’exercice 2025. Les droits de douane ont ajouté 621,6 milliards de CDF, reflet de l’activité des importations et des échanges commerciaux. Les recettes parafiscales, incluant redevances et droits administratifs, ont rapporté 435,7 milliards de CDF.
Sur la même période, les dépenses publiques se sont établies à 3 538,0 milliards de CDF. La masse salariale reste le poste le plus lourd, suivie par les frais de fonctionnement des institutions et ministères, ainsi que les rétrocessions aux provinces et entités territoriales décentralisées.
Malgré la vigueur de la collecte, l’équilibre budgétaire reste fragile. Au 30 juin 2025, le déficit cumulé atteignait déjà 2 160,4 milliards de CDF, financé essentiellement par l’émission de titres publics sur le marché intérieur. Depuis le début de l’année, les recettes totales de l’État se sont élevées à 13 409,0 milliards de CDF, contre 15 569,4 milliards de CDF de dépenses, creusant un écart similaire à celui constaté en milieu d’année.
Cette évolution traduit une double réalité : l’efficacité croissante des régies dans la mobilisation des fonds et la difficulté persistante à contenir les charges. Dans un environnement marqué par l’inflation, les tensions sur le taux de change et des besoins massifs en infrastructures, le gouvernement devra choisir entre financer ses priorités et préserver la soutenabilité de la dette intérieure.
Pour plusieurs économistes, élargir l’assiette fiscale, renforcer la lutte contre la fraude et réorienter les dépenses vers les secteurs productifs figurent parmi les leviers immédiats pour limiter le déficit. Ces ajustements seront décisifs pour maintenir la stabilité financière tout en répondant aux attentes sociales et économiques du pays.
— M. KOSI

