RDC : un projet minier de 9 milliards USD soutenu par les États-Unis suspendu à une décision sur les sanctions

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Un projet d’investissement de 9 milliards USD visant les minerais stratégiques en République démocratique du Congo reste en attente d’une décision des autorités américaines. Porté par le consortium Orion Critical Minerals, avec le soutien de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’opération prévoit l’acquisition de 40 % de deux actifs majeurs de cuivre et de cobalt, Mutanda Mining (MUMI) et Kamoto Copper Company (KCC).

Ces mines figurent parmi les plus importantes au monde pour la production de cobalt et de cuivre, deux minerais essentiels à l’industrie des véhicules électriques, aux énergies renouvelables et aux technologies de défense. L’enjeu pour les États-Unis est de sécuriser l’accès à ces ressources dans un contexte de forte dépendance vis-à-vis de la Chine, qui contrôle environ 80 % du raffinage mondial du cobalt et dispose d’une présence dominante dans l’exploitation minière en RDC.

Le principal obstacle à la finalisation de l’accord reste lié aux sanctions américaines visant l’homme d’affaires Dan Gertler. Imposées en 2017 dans le cadre du Global Magnitsky Act, ces sanctions interdisent aux entreprises américaines de traiter avec des actifs liés à ses intérêts, notamment les redevances associées aux mines concernées. Malgré un accord signé en 2022 pour la restitution d’actifs miniers estimés à 2 milliards USD à l’État congolais, ces restrictions continuent de bloquer l’opération.

Une décision stratégique pour les chaînes d’approvisionnement

Le dossier s’inscrit dans une compétition globale pour le contrôle des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Pour Washington, l’opération représente une opportunité de réduire sa dépendance aux circuits dominés par la Chine et de renforcer sa position dans les industries liées à la transition énergétique.

Les autorités congolaises soutiennent cette initiative et ont plaidé pour un assouplissement des sanctions afin de permettre la concrétisation de cet investissement. Pour Kinshasa, l’enjeu est aussi de favoriser l’entrée de capitaux occidentaux dans le secteur minier et de diversifier les partenariats.

À ce stade, le projet est en phase de vérification préalable et d’élaboration des documents juridiques. Sa concrétisation dépend d’une seule décision réglementaire à Washington. Dans un contexte de concurrence accrue sur les ressources stratégiques, ce choix pourrait influencer l’équilibre des investissements dans le secteur minier congolais.

— M. KOSI

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