Tshopo : quatre activistes poursuivis après un rapport sur l’or et le diamant illégaux

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Quatre défenseurs des droits humains sont visés par des poursuites pour diffamation et imputation dommageable à Kisangani, après la publication d’un rapport sur l’exploitation illégale de l’or et du diamant dans la Tshopo. La plainte a été déposée le 30 janvier 2026 par la coopérative COMYA DON DE DIEU devant le Tribunal de paix de Makiso/Kisangani.

Le document à l’origine de cette affaire s’intitule : « Qui alimente l’exploitation illégale de l’or et du diamant dans la province de la Tshopo ? Défis, impacts et voies de réforme ». Il a été réalisé par IPDHOR et PELDDH. Selon ces organisations, l’enquête pointe des pratiques présumées de fraude, de contrebande et d’exploitation illégale impliquant des acteurs locaux du secteur minier. Les personnes poursuivies sont Gauthier Kasonya, Léonard Zama, Kapipa Simplice et Malindo Fayzon, présentés comme des activistes engagés sur ces questions.

Un dossier sensible pour l’ITIE-RDC et la transparence minière

Dans un communiqué daté du 19 février 2026, plusieurs organisations de la société civile disent voir dans cette procédure une tentative d’intimidation. Elles évoquent une « alliance opaque » entre la coopérative plaignante, certaines autorités locales et une entreprise chinoise, sans fournir d’éléments détaillés dans le texte cité. Leur crainte est simple : que la justice serve à faire taire des voix critiques et à protéger des intérêts autour d’une exploitation minière à grande échelle.

Les mêmes organisations décrivent aussi un climat de pression qui dépasserait le tribunal. Elles affirment que deux enquêteurs auraient été agressés dans l’enceinte du ministère provincial des Mines alors qu’ils demandaient des informations officielles. Elles parlent également de menaces de mort, d’appels anonymes, d’insultes et de pressions après la publication du rapport. Une seconde plainte aurait aussi été déposée le 14 février 2026 par une autre entreprise chinoise, non identifiée dans le texte.

Au sein de l’ITIE-RDC, le dossier inquiète des représentants de la société civile. Leur argument est que des poursuites contre des personnes qui dénoncent des pratiques dans le secteur extractif peuvent fragiliser l’image du pays, au moment où la RDC met en avant des réformes de gouvernance. « Toute tentative de présenter ce rapport comme une attaque ciblée constitue une déformation volontaire de son contenu dans le but d’entraver les efforts de dénonciation et de réforme du secteur minier », déclare Freddy Kasongo, cité dans le communiqué.

Au-delà de la Tshopo, les signataires — dont AFREWATCH et ASADHO — posent une question de fond : la capacité des autorités à protéger la liberté d’expression et les lanceurs d’alerte dans un secteur stratégique pour l’économie congolaise. Pour eux, l’affaire COMYA DON DE DIEU devient un test concret de l’État de droit, à un moment où la RDC cherche aussi à renforcer sa réputation sur la scène minière internationale.

M. KOSI

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