Un accord entre le négociant Trafigura et la compagnie publique vénézuélienne Minerven marque une nouvelle étape dans la réorganisation du secteur aurifère du Venezuela. Le partenariat prévoit la mise en place d’un programme d’approvisionnement responsable, dans le cadre d’un accord de prépaiement portant sur de l’or doré, un alliage semi-raffiné destiné à l’exportation.
Selon les informations disponibles, Minerven devrait fournir entre 650 kilogrammes et 1 tonne d’or à Trafigura, qui se chargera de l’acheminer vers des raffineries américaines . Cette opération intervient après la délivrance d’une licence par les États-Unis autorisant certaines transactions sur l’or vénézuélien, assouplissant ainsi les restrictions en vigueur et ouvrant un canal d’exportation vers le marché américain .
L’accord s’inscrit dans un ensemble de réformes engagées par les autorités vénézuéliennes pour attirer les investissements étrangers et formaliser le secteur minier. Trafigura précise que les volumes commercialisés proviendront exclusivement des installations de Minerven, afin de garantir la traçabilité et la conformité aux normes sociales et réglementaires. Cette approche vise à réduire les risques liés à l’exploitation informelle, notamment dans l’Arc minier de l’Orénoque, où des activités illégales ont été documentées.
Une stratégie de formalisation pour réintégrer les marchés internationaux
Le programme d’approvisionnement responsable vise à améliorer les standards opérationnels du secteur aurifère vénézuélien et à faciliter sa reconnaissance sur les marchés internationaux. Ce processus devrait toutefois s’inscrire dans la durée, compte tenu des enjeux liés à la gouvernance et à la transparence.
En 2025, la production d’or du Venezuela a progressé de 37 % pour atteindre 9,5 tonnes, tandis que les réserves de la banque centrale s’établissaient à environ 47 tonnes. Historiquement, les exportations du pays se dirigeaient principalement vers le Moyen-Orient et l’Afrique, mais cet accord marque un repositionnement vers les États-Unis.
Au-delà du volume, l’enjeu porte sur la structuration d’une chaîne de valeur plus formelle et contrôlée. Pour les autorités vénézuéliennes, l’objectif est de capter davantage de revenus, de réduire l’informel et de restaurer la crédibilité du secteur minier dans un environnement international marqué par des exigences accrues en matière de traçabilité.
— Peter MOYI

