À Bunia, plus de cent véhicules sans plaques d’immatriculation demeurent immobilisés depuis environ un mois à l’état-major de la police, avec des frais de garde imposés de 10 dollars américains par jour. Cette situation suscite des inquiétudes parmi les propriétaires et les associations locales, notamment sur l’impact économique de ces pénalités cumulatives.
Les véhicules concernés sont retenus tant que leurs propriétaires n’ont pas régularisé leur situation, notamment en payant les frais de garde et des amendes transactionnelles. Chaque jour de retard augmente la facture : un mois d’immobilisation se traduit déjà par 300 dollars de frais, sans compter les amendes additionnelles. Certains propriétaires se disent étranglés financièrement, les montants à régler pouvant rapidement dépasser la valeur marchande de leurs véhicules.
Selon Bienvenu Ukec, secrétaire exécutif de l’ONG Justice Plus, ces mesures, bien qu’encadrées, risquent d’aggraver la précarité locale :
« On ne peut pas négliger l’effet économique. Si un propriétaire met un mois à réunir l’argent pour la plaque, il se retrouve à payer 300 dollars rien que pour la garde. Cela appauvrit encore plus ceux qui cherchent à se conformer aux règles. »
Cependant, le général Ngoy Sengelwa Kyo, commissaire provincial de la police, défend fermement ces sanctions. Pour lui, elles visent avant tout à instaurer une discipline rigoureuse :
« Quand on a les moyens d’acheter un véhicule à 10 000 ou 15 000 dollars, on peut bien payer une plaque de 120 dollars et assumer une amende. Une pénalité doit marquer l’esprit et le corps pour que la leçon soit retenue. »
Certains automobilistes redoutent que les frais cumulés à la fourrière n’excèdent la valeur résiduelle de leurs véhicules, surtout pour ceux immobilisés sur une longue période. Face à ces tensions, la poursuite des bouclages et contrôles policiers ne laisse entrevoir aucune issue immédiate, et l’opération se prolonge, alimentant un climat d’incertitude.
Ces immobilisations, bien que présentées comme nécessaires pour régulariser les immatriculations, soulèvent des questions sur l’équilibre entre la sanction et la capacité de paiement des citoyens. Entre temps, les propriétaires tentent tant bien que mal de récupérer leurs engins avant que les coûts ne deviennent insurmontables.

