En mission à Abuja, le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba a discuté avec l’homme d’affaires Aliko Dangote d’un accès aux produits raffinés du Nigeria. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en carburant d’un pays encore dépendant des importations et exposé aux variations des prix internationaux.
La République démocratique du Congo importe aujourd’hui l’essentiel de ses carburants via des circuits extérieurs, souvent longs et coûteux. Cette dépendance fragilise l’économie, car les prix peuvent fluctuer rapidement et les délais de livraison ne sont pas toujours maîtrisés. Dans ce contexte, la montée en puissance de la raffinerie du groupe Dangote change la donne sur le continent. Avec une capacité estimée à 650 000 barils par jour, elle s’impose comme une infrastructure majeure. Après un démarrage progressif, la production s’est stabilisée et atteint entre 45 et 50 millions de litres d’essence par jour, avec un potentiel de 75 millions de litres.
Ces volumes dépassent les besoins du Nigeria, ce qui ouvre la voie à des exportations vers d’autres pays africains. Pour la RDC, cela représente une option pour diversifier ses sources d’approvisionnement et réduire sa dépendance aux marchés éloignés. S’approvisionner sur le continent peut aussi limiter certaines sorties de devises et renforcer les échanges régionaux, ce qui peut contribuer à une meilleure stabilité des flux énergétiques.
Une option régionale freinée par les coûts logistiques
L’équation reste toutefois complexe. Le transport du carburant depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’en RDC pose un problème concret. L’absence de corridors logistiques bien structurés peut augmenter les coûts et rallonger les délais. Dans ce contexte, le prix final du carburant livré devient un élément central. Même si la production est abondante au Nigeria, l’intérêt pour la RDC dépendra du coût total, incluant le transport, le stockage et la distribution.
Pour tirer parti de cette opportunité, la RDC devra aussi améliorer ses capacités internes. Cela passe par le développement des infrastructures de stockage, la modernisation des réseaux logistiques et une meilleure organisation de la distribution. Sans ces ajustements, les bénéfices attendus risquent d’être limités. La démarche engagée à Abuja montre une volonté d’anticiper les changements du marché énergétique africain, avec une stratégie basée sur deux axes simples : diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer les capacités locales pour mieux sécuriser l’accès au carburant.
— M. MASAMUNA


