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Santé et Éducation

Ebola en RDC : 9 066 cas confirmés et 4 381 décès, plus de 2 milliards de dollars promis pour la riposte

L'épidémie d'Ebola due au virus Bundibugyo a dépassé 9 000 cas confirmés en RDC, avec un décès sur deux malades. C'est désormais la plus meurtrière de l'histoire du pays. Les bailleurs ont promis plus de 2 milliards de dollars depuis mai, mais les plans de riposte réclament davantage et la transmission ne ralentit pas.

Ebola en République démocratique du Congo
Ebola en République démocratique du Congo

L’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo a dépassé 9 000 cas confirmés en RDC, avec un décès sur deux malades. C’est désormais la plus meurtrière de l’histoire du pays. Les bailleurs ont promis plus de 2 milliards de dollars depuis mai, mais les plans de riposte réclament davantage et la transmission ne ralentit pas.

L’Institut national de santé publique a recensé 9 066 cas confirmés d’Ebola et 4 381 décès dans son rapport de situation du 13 octobre 2026, selon Reuters. Le taux de létalité parmi les cas confirmés atteint 48,3 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains comptaient 8 787 cas et 4 242 décès en RDC au 7 octobre. L’épidémie a donc enregistré 279 nouveaux cas et 139 décès en six jours.

Déclarée en mai, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC a dépassé celle de 2018-2020, jusque-là la plus grave du pays. Elle est la deuxième au monde par son ampleur, derrière celle d’Afrique de l’Ouest en 2014-2016. Aucun vaccin ni traitement n’est homologué contre la souche Bundibugyo, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prépare un essai clinique dans les prochaines semaines. Les CDC recommandent d’éviter tout déplacement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, et ont émis des alertes pour le Haut-Uélé et la Tshopo. Le Kenya a confirmé le 5 octobre un premier cas importé chez un voyageur venu de RDC.

Des promesses élevées, des plans qui réclament davantage

Le financement a suivi l’ampleur de la crise, sans la rattraper. Selon le département d’État américain, une réunion ministérielle du G20 a permis le 30 septembre de lever plus de 470 millions de dollars de nouveaux engagements, portant le total des promesses depuis mai au-delà de 2 milliards de dollars. Les États-Unis revendiquent à eux seuls 887 millions de dollars, la Banque mondiale a annoncé 90 millions supplémentaires, la France porte sa contribution à 34 millions et l’Allemagne à 30,7 millions.

Les besoins exprimés restent supérieurs. Le gouvernement congolais a présenté en septembre un plan révisé de 1,3 milliard de dollars, l’Africa CDC et l’OMS réclament 518 millions pour un plan continental couvrant juin à novembre, et le plan des Nations unies, chiffré à 2,13 milliards, n’était financé qu’à environ 48 % fin août, selon The Rio Times. Ces plans se recoupent en partie, ce qui empêche de calculer un besoin total. L’écart entre argent promis et argent décaissé, qui avait déjà conduit les bailleurs à confier la gestion financière à la Banque mondiale lors de l’épidémie de 2018-2020, reste la donnée la moins documentée.

Sur le terrain, le suivi des contacts plafonne. Au 4 octobre, 80,4 % des personnes ayant côtoyé un malade avaient été jointes, en dessous de l’objectif de 85 % fixé pour casser les chaînes de transmission, selon les données de l’OMS reprises par la presse régionale. L’Ituri et le Nord-Kivu, frontaliers de l’Ouganda, vivent aussi du commerce transfrontalier vers l’Afrique de l’Est. Chaque nouveau contrôle aux frontières, comme celui que le Kenya a renforcé après son premier cas, pèse sur des échanges dont dépendent les revenus de milliers de commerçants.