Le continent africain devrait enregistrer une croissance de 4,2 % en 2026, selon le FMI. Ce chiffre global cache des écarts importants entre pays, avec plusieurs économies en forte progression alors que les plus grandes avancent à un rythme plus lent.
L’Éthiopie domine avec une croissance de 9,2 %, suivie de la Guinée (8,7 %), de l’Ouganda (7,5 %), du Rwanda (7,2 %) et du Bénin (7,0 %). Ces pays, encore peu présents dans les portefeuilles des investisseurs internationaux, affichent pourtant les rythmes les plus élevés du continent. À l’opposé, les trois principales économies africaines, qui représentent à elles seules près de 40 % du produit intérieur brut, évoluent différemment. L’Afrique du Sud, avec un PIB estimé à 480 milliards USD, ne progresse que de 1,0 %, ce qui pèse sur la moyenne continentale. L’Égypte, autour de 430 milliards USD, atteint 4,2 %, soutenue par des réformes appuyées par le FMI. Le Nigeria, avec 377 milliards USD, enregistre une croissance de 4,1 %, après une période marquée par des déséquilibres économiques.
Une dynamique de croissance qui se déplace
Le taux moyen de 4,2 % ne reflète donc pas pleinement la réalité du terrain. Si l’on exclut l’Afrique du Sud, la croissance du continent se situe plutôt entre 4,6 % et 4,7 %. Cela traduit un basculement progressif du moteur économique vers des pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, où l’activité progresse plus rapidement. La taille du PIB permet de voir où la richesse est déjà concentrée, mais le taux de croissance indique où elle est en train de se développer.
Dans ce contexte, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) joue un rôle clé. Elle vise à relier ces économies encore fragmentées pour créer un marché intégré de plus de 1,4 milliard de personnes. L’enjeu est simple : faciliter les échanges entre pays africains, attirer davantage d’investissements et soutenir une croissance plus équilibrée à l’échelle du continent.
— Joldie KAKESA


