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Bandundu : le sac de manioc bondit de 60 000 à 100 000 francs en pleine période festive

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À Bandundu, dans la province du Kwilu, l’ambiance des festivités de fin d’année est ternie par une flambée des prix des denrées agricoles. Manioc, maïs et autres produits de première nécessité atteignent des niveaux de prix préoccupants, mettant à rude épreuve les budgets des ménages.

Un sac de manioc, vendu à 60 000 francs congolais il y a peu, se négocie désormais à 90 000 voire 100 000 francs. Cette augmentation de près de 67 % s’ajoute à celle du maïs, dont les prix grimpent également. Les consommateurs, habitués à ces produits de base, se retrouvent contraints de repenser leur mode de vie, alors que les festivités entraînent habituellement une hausse de la consommation.

Cette crise n’est pas un phénomène isolé. Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette envolée. Les producteurs locaux signalent des récoltes en baisse en raison de conditions climatiques défavorables, tandis que la logistique, marquée par des routes impraticables et des coûts de transport élevés, aggrave la situation. À cela s’ajoute une demande croissante typique de cette période, transformant les marchés en lieux de tension où commerçants et clients tentent de s’adapter.

Certains témoignages reflètent le poids de ces hausses. Une commerçante du marché de Bandundu confie : « Nous recevons moins de produits des villages voisins, et tout est plus cher. Nos clients se plaignent, mais nous n’avons pas le choix. » Ce cercle vicieux, où les hausses des coûts se répercutent sur les prix de vente, renforce les difficultés des ménages.

Pour nombre d’habitants, cette situation ne fait qu’accentuer des difficultés structurelles. Les plus vulnérables doivent choisir entre réduire les quantités consommées ou opter pour des substituts moins chers, mais souvent moins nutritifs. Les voix s’élèvent pour demander une intervention des autorités, qu’il s’agisse de réguler les prix ou d’alléger les coûts de transport afin de fluidifier l’approvisionnement.

Cette flambée des prix à Bandundu illustre une réalité économique plus large, où les familles doivent jongler entre des revenus stagnants et un coût de la vie en constante augmentation. Alors que les festivités devraient être un moment de joie, elles deviennent pour beaucoup une source d’inquiétude, reflétant les défis d’un système économique encore fragile.

Peter MOYI

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