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Budget : Kinshasa étudie un paiement progressif des indemnités des anciens travailleurs de la Gécamines

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Le Gouvernement congolais examine des mécanismes budgétaires pour lancer progressivement le paiement des décomptes finaux des anciens travailleurs de la Gécamines. Selon le ministre de l’Emploi et du Travail, plus de 10 500 ex-travailleurs restent concernés, avec un impact social touchant plus de 50 000 personnes à travers leurs familles et dépendants.

Le dossier des décomptes finaux de la Gécamines revient au centre des priorités sociales du Gouvernement. Sur instruction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito Fumutshi, et le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba Wa Massamba, ont engagé des discussions sur les possibilités de financement de ces paiements.

L’objectif affiché n’est pas encore un règlement immédiat et global, mais la recherche d’un mécanisme soutenable permettant de démarrer progressivement les paiements. Selon Ferdinand Massamba, les échanges ont porté sur les indemnités de sortie, les décomptes finaux ainsi que les autres avantages sociaux dus aux anciens agents de la Gécamines.

Une question sociale devenue sensible dans l’ex-Katanga

Le dossier dépasse le cadre administratif. Dans l’espace minier du Haut-Katanga et du Lualaba, plusieurs anciens travailleurs de la Gécamines attendent depuis des années le paiement de leurs droits sociaux après leur départ de l’entreprise. Cette attente pèse directement sur des milliers de ménages, dans une région où la Gécamines reste historiquement liée à l’emploi, au logement et à l’économie locale.

Le ministre de l’Emploi affirme que plus de 10 500 anciens travailleurs sont toujours en attente, une situation qui concernerait plus de 50 000 personnes lorsqu’on inclut les conjoints, enfants et autres dépendants. Ce volume transforme le dossier en sujet budgétaire et social à grande échelle.

Selon Ferdinand Massamba, la Première ministre lui avait demandé de travailler avec le ministère du Budget afin d’identifier des solutions réalistes, y compris un paiement en plusieurs tranches. Cette approche traduit les contraintes financières auxquelles l’État fait face dans un contexte où les dépenses publiques restent sous pression.

Le vice-Premier ministre du Budget aurait accepté d’examiner la faisabilité financière du dossier avant de faire rapport à la hiérarchie gouvernementale. Aucun calendrier précis ni montant global des décomptes à payer n’a toutefois été communiqué à ce stade.

Le sujet reste politiquement sensible. La Gécamines, longtemps pilier de l’économie minière congolaise, a connu plusieurs restructurations et périodes de difficultés financières. Les revendications sociales des anciens travailleurs reviennent régulièrement dans le débat public, notamment autour du respect des droits sociaux et des engagements pris par l’entreprise ou l’État.

À travers cette démarche, le Gouvernement tente de montrer qu’il ne ferme pas le dossier. Mais la question centrale restera celle des ressources disponibles. Entre contraintes budgétaires, besoins sociaux et exigences de stabilité macroéconomique, l’exécutif devra trouver un équilibre pour éviter que cette dette sociale continue de s’accumuler.

Pour les anciens travailleurs concernés, l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de savoir si les promesses de paiement peuvent enfin se transformer en mécanismes concrets de règlement après plusieurs années d’attente.

— Peter MOYI

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