En mission au Nigeria, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a engagé des discussions avec la banque United Bank for Africa afin de renforcer le financement des importations de carburant. L’objectif est d’éviter les ruptures en agissant à la fois sur l’approvisionnement et sur les mécanismes financiers. Dans un pays comme la République démocratique du Congo, dépendant des importations de produits pétroliers, la disponibilité du carburant repose autant sur la présence de fournisseurs que sur la capacité à payer rapidement et à garantir les transactions en devises.
Les achats de carburant se font généralement avec paiement anticipé et garanties bancaires. Sans outils adaptés comme les lettres de crédit ou les facilités de paiement, même une cargaison déjà négociée peut être retardée. C’est ce point que les autorités cherchent à corriger. La stratégie repose sur deux axes : diversifier les sources d’approvisionnement et mobiliser des partenaires financiers solides. Dans ce dispositif, la banque joue un rôle clé. Elle ne finance pas seulement une opération ponctuelle, elle sécurise toute la chaîne, du fournisseur international jusqu’au distributeur local, en réduisant le risque de non-paiement et en renforçant la confiance entre les acteurs.
Le financement devient un levier direct pour stabiliser le marché
Présente en RDC depuis 2011, United Bank for Africa poursuit son expansion. Son plan 2024-2028 prévoit un réseau de 21 agences et une base de dépôts estimée à 1,8 milliard USD. Cette montée en puissance doit lui permettre de financer davantage d’opérations en devises, notamment celles liées aux importations stratégiques comme le carburant. Les performances enregistrées en 2024, marquées par une amélioration de la rentabilité, confortent cette ambition et renforcent sa capacité d’intervention sur ce type de transactions.
Les discussions actuelles s’inscrivent dans une relation déjà engagée entre Kinshasa et le groupe bancaire. En novembre 2025, Tony Elumelu, président de UBA, avait été reçu par le président Félix Tshisekedi. Cette dynamique facilite aujourd’hui l’alignement entre les besoins du gouvernement et les solutions proposées par la banque. Pour les autorités congolaises, l’enjeu est d’anticiper les tensions sur le marché intérieur en sécurisant à la fois l’accès au produit et son financement.
Dans un contexte de volatilité des marchés énergétiques, cette approche vise à rendre le système d’approvisionnement plus stable. En réduisant les délais de paiement et en sécurisant les transactions, le financement devient un outil opérationnel pour éviter les pénuries et limiter leur impact sur les ménages et l’activité économique.
— Peter MOYI


