La République démocratique du Congo traverse une période budgétaire difficile, avec un déficit de 693,3 milliards de francs congolais (CDF) enregistré au 11 décembre 2023. Ce chiffre, tiré du dernier rapport du ministère des Finances, souligne les problèmes persistants pour maintenir l’équilibre des comptes publics dans une économie marquée par l’instabilité.
Les dépenses publiques ont dépassé les prévisions, atteignant 13 214,7 milliards de CDF, tandis que les recettes n’ont été que de 12 521,4 milliards de CDF. Cette situation traduit une pression accrue sur les finances de l’État, notamment en raison d’une augmentation des dépenses dans des secteurs prioritaires comme la santé et les infrastructures. Par ailleurs, la baisse des revenus provenant des exportations minières a aggravé ce déséquilibre, accentué par les fluctuations des prix des matières premières sur le marché international.
Face à ce déficit, le gouvernement a intensifié le recours aux bons du Trésor, augmentant l’encours de la dette intérieure. Si cette stratégie permet de pallier les besoins immédiats de financement, elle soulève des interrogations sur la capacité du pays à honorer ses engagements à moyen terme. Plusieurs économistes alertent déjà sur les risques d’un surendettement qui pourrait affecter la crédibilité financière de la RDC sur le long terme.
Pour remédier à cette situation, des mesures de rationalisation des dépenses et une meilleure mobilisation des ressources fiscales sont envisagées. Les autorités prévoient également de diversifier les sources de revenus, en misant notamment sur le développement d’autres secteurs économiques stratégiques. Cependant, ces initiatives devront s’accompagner d’une gestion rigoureuse pour éviter que le déficit ne devienne un obstacle majeur au développement économique du pays.
Peter MOYI


