Plus de 25 millions USD ont été mobilisés en urgence en seulement 72 heures pour soutenir la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Cette mobilisation financière intervient alors que les autorités sanitaires et les partenaires internationaux renforcent les opérations médicales et logistiques dans l’Est de la RDC, particulièrement à Bunia, devenu l’un des principaux centres de coordination de la riposte.
Africa CDC a annoncé un appui immédiat de 2 millions USD sur ses ressources internes afin de soutenir les opérations régionales. Les États-Unis ont également débloqué 13 millions USD à travers les mécanismes humanitaires coordonnés par OCHA pour la RDC et l’Ouganda. Ces financements viennent renforcer d’autres mécanismes déjà activés par les partenaires internationaux pour accélérer les interventions sanitaires dans les zones affectées.
Sur le terrain, l’Organisation mondiale de la santé poursuit l’acheminement du matériel médical vers l’Est congolais. Près de 12 tonnes d’équipements d’urgence ont déjà été envoyées en RDC. Les cargaisons comprennent notamment des kits de protection, du matériel de laboratoire, des fournitures sanitaires ainsi que des équipements destinés à la prise en charge clinique des patients. Une livraison de 4,7 tonnes a été transportée jusqu’à Bunia via Nairobi avec l’appui aérien de la MONUSCO. Cette montée en puissance logistique montre la volonté des partenaires internationaux d’éviter une propagation rapide de l’épidémie dans les zones frontalières à forte circulation de population.
La Banque mondiale a aussi renforcé sa présence opérationnelle à travers le projet HEPRR. Au total, 19 experts internationaux ont été déployés à Bunia afin d’appuyer la coordination de la riposte, la surveillance épidémiologique, les capacités de laboratoire, la prévention des infections et la communication des risques auprès des communautés. Africa CDC et le Centers for Disease Control and Prevention poursuivent également leurs déploiements techniques dans les territoires concernés.
Cette résurgence d’Ebola dépasse désormais le seul cadre sanitaire. Les autorités craignent des perturbations sur les déplacements des populations, les échanges commerciaux et certains corridors régionaux reliant la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Les partenaires internationaux cherchent surtout à éviter une répétition des précédentes épidémies qui avaient fragilisé les systèmes de santé et ralenti plusieurs activités économiques locales.
Dans l’Est de la RDC, les contraintes sécuritaires et logistiques continuent de compliquer les opérations sanitaires. Plusieurs territoires restent difficiles d’accès pour les équipes médicales, ce qui peut ralentir la détection rapide des cas et la prise en charge des personnes contaminées. Les autorités sanitaires estiment que l’efficacité de la riposte dépendra aussi de l’adhésion des communautés locales et du contrôle des mouvements dans les zones à risque.
— Peter MOYI


