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Électricité : la RDC vise 62 % d’accès d’ici 2030 avec un potentiel de 167 000 MW

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La République démocratique du Congo veut accélérer l’électrification du pays et porter le taux national d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030. Le gouvernement mise sur les grands projets hydroélectriques, les énergies renouvelables et des investissements publics et privés pour atteindre cet objectif. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Compact énergétique soutenu par l’initiative Mission 300.

Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a défendu une trajectoire qui vise à transformer le potentiel énergétique du pays en moteur économique. La RDC dispose de l’un des plus importants potentiels hydroélectriques au monde, mais une grande partie de la population reste encore sans accès stable à l’électricité. Cette situation affecte directement les ménages, les écoles, les hôpitaux, les petites entreprises ainsi que plusieurs activités industrielles et minières. Selon les chiffres rappelés par les autorités, le taux d’accès à l’électricité serait passé de 9 % à 21,5 % en cinq ans. Le gouvernement considère cette progression comme une base pour accélérer davantage les investissements dans le secteur énergétique.

Un potentiel de 167 000 MW encore largement inexploité

Le gouvernement met aussi en avant la finalisation de l’Atlas hydroélectrique national, une étude qui réévalue le potentiel énergétique de la RDC à 167 000 MW répartis sur environ 3 350 sites à travers le pays. Cette cartographie, réalisée par le cabinet Artelia avec l’appui de la Banque mondiale, donne une nouvelle lecture des capacités énergétiques congolaises. Pendant plusieurs années, les estimations étaient principalement concentrées autour du complexe d’Inga, souvent évalué à 44 000 MW sur un potentiel national d’environ 100 000 MW. La nouvelle étude élargit désormais la perspective à plusieurs autres provinces capables d’accueillir des projets énergétiques régionaux ou locaux.

Parmi les projets considérés comme prioritaires figurent notamment les centrales de Kakobola et Bulungu, la relance du barrage de Katende, le complexe hydroélectrique de Pioka ainsi que le projet Inga III. Pour les autorités, le défi ne se limite pas à produire davantage d’électricité. Le pays doit aussi moderniser les lignes de transport, renforcer les réseaux de distribution et améliorer la gouvernance du secteur afin que l’électricité produite atteigne réellement les ménages et les entreprises. Plusieurs provinces restent encore isolées malgré leur potentiel énergétique, faute d’infrastructures adaptées et de financements suffisants.

Le Compact énergétique de la RDC prévoit également la mobilisation de près de 20 milliards USD d’investissements privés dans la production, le transport, la distribution d’électricité ainsi que dans les solutions d’énergies renouvelables et de cuisson propre. Cette ambition suppose des projets financièrement viables, des règles plus lisibles pour les investisseurs et une meilleure sécurisation des revenus du secteur électrique.

Au-delà de l’accès des ménages à l’électricité, les enjeux sont aussi industriels et économiques. Une énergie plus disponible peut soutenir la transformation locale des minerais, réduire les coûts de production des entreprises, accompagner les projets agricoles et numériques et améliorer la compétitivité de l’économie congolaise. La trajectoire vers 62 % d’accès à l’électricité d’ici 2030 apparaît ainsi comme un test pour la capacité du pays à transformer son potentiel énergétique en infrastructures réellement opérationnelles sur le terrain.

— Peter MOYI

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