Le groupe minier Eurasian Resources Group (ERG) Africa affiche un investissement de plus de 7 milliards de dollars en République démocratique du Congo depuis seize ans, consolidant sa position comme troisième producteur national de cobalt. En 2024, la production de cobalt a atteint 19 000 tonnes tandis que celle de cathodes de cuivre s’est élevée à environ 105 000 tonnes, générant un chiffre d’affaires estimé entre 6 et 6,5 milliards de dollars. Ces volumes témoignent d’une exploitation intensive dans un contexte mondial où la demande pour ces métaux, essentiels aux technologies de transition énergétique, reste soutenue.
ERG emploie plus de 4 100 personnes en RDC et compte 5 200 collaborateurs à travers l’Afrique, rassemblant 37 nationalités. L’impact socio-économique dépasse la simple activité industrielle : le groupe soutient 58 communautés, soit environ 250 000 personnes, ce qui reflète une intégration locale importante dans un pays où les infrastructures et le cadre social demeurent fragiles.
Le groupe, détenu à 40 % par l’État kazakh, est basé au Luxembourg et opère sur quatre continents. Sa présence en RDC s’appuie sur des partenariats capitalistiques avec la Gécamines, qui détient 49 % de Boss Mining, 10 % dans Metalkol via le ministère du Portefeuille, et 5 % dans Frontier. Ce montage institutionnel illustre la nécessité pour les multinationales d’inscrire leur action dans des alliances avec des acteurs étatiques pour sécuriser leurs opérations, en particulier dans un secteur minier sensible.
Sur le plan énergétique, ERG Africa a conclu un partenariat avec la Société nationale d’électricité (SNEL) pour réhabiliter plusieurs lignes électriques. Cette opération vise à stabiliser l’approvisionnement en énergie, indispensable à la continuité des activités minières, tout en alimentant les populations environnantes. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la RDC fait face à un déficit énergétique structurel : selon la Banque mondiale, seulement 19 % des Congolais ont accès à l’électricité.
La sécurisation énergétique est un élément déterminant pour la compétitivité des mines, notamment dans le contexte actuel de rareté et de volatilité des ressources énergétiques mondiales. ERG mise ainsi sur une stratégie combinant amélioration opérationnelle et responsabilité sociale, avec un investissement continu dans les talents locaux.
Ces chiffres et ce dispositif témoignent d’un secteur minier congolais qui reste une pièce maîtresse de l’économie nationale, confronté néanmoins à des défis importants liés à la gouvernance, aux infrastructures et à la diversification économique.
— Peter MOYI


