Le président Félix Tshisekedi a reçu le 15 juillet une délégation chinoise conduite par Qin Boyong, vice-présidente du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). Cette visite intervient alors que la RDC finalise un rapprochement stratégique avec les États-Unis, matérialisé par l’accord de paix signé le 27 juin avec le Rwanda, visant à réduire les tensions dans l’Est du pays.
La Chine réaffirme ainsi son intérêt pour la RDC, dont les ressources naturelles – estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars selon la Banque mondiale – restent un levier important dans la géopolitique africaine. Pékin met en avant une coopération centrée sur des secteurs clés : agriculture, infrastructures, formation professionnelle et gouvernance locale. Ces choix reflètent une approche pragmatique, visant à renforcer les capacités structurelles du pays dans un contexte de forte demande de développement durable.
L’intervention de Qin Boyong, membre influente du système politique chinois, illustre la volonté de Pékin de soutenir Kinshasa tout en développant un partenariat plus équilibré. La CCPPC, organe consultatif stratégique, joue un rôle de médiation entre les intérêts politiques et économiques, garantissant la cohérence des projets. Ce positionnement est essentiel alors que la RDC doit gérer la complexité d’un environnement régional marqué par une compétition entre grandes puissances.
La RDC, avec une croissance économique attendue à 5,4 % en 2025 selon le FMI, cherche à canaliser ces relations pour stabiliser ses finances publiques et améliorer son infrastructure, particulièrement dans les zones rurales où la pauvreté reste élevée (plus de 70 % selon la Banque mondiale). Les projets envisagés pourraient également influencer la gestion monétaire du pays, notamment à travers le financement d’investissements publics, avec un impact sur l’inflation, actuellement estimée autour de 9 %.
Le communiqué final qui devrait être publié après ces discussions précisera les montants et modalités d’engagement, ainsi que les mécanismes de suivi. Ce partenariat sino-congolais, à l’heure où les équilibres internationaux se redessinent, pourrait jouer un rôle déterminant dans la trajectoire économique de la RDC.
— Peter MOYI

