Un vaste projet de transport est lancé entre Kinshasa et le Grand Kasaï. Il vise à mieux faire circuler les marchandises, soutenir l’agriculture locale et maintenir les jeunes dans leurs provinces, au lieu de partir vers la capitale.
Kananga au centre d’un nouveau corridor économique
Selon un communiqué publié lundi, les travaux ont commencé dès samedi. Le projet repose sur trois points forts : l’air, le rail et le fleuve.
À Kananga, l’aéroport est en cours de modernisation. La gare de la SNCC sera rénovée pour accueillir une nouvelle voie ferrée. À Ilebo, point d’arrivée du rail, un port moderne sera construit pour assurer le chargement et le déchargement des marchandises entre Kinshasa et le centre du pays.
Concrètement, ce corridor doit faciliter l’exportation des produits agricoles, comme l’ananas, ainsi que le bétail. Pour les producteurs du Kasaï, cela veut dire des trajets plus courts, des coûts de transport plus bas et plus d’accès aux marchés de Kinshasa. Quand les récoltes circulent mieux, les revenus des paysans peuvent augmenter, et les jeunes ont moins de raisons de quitter leurs villages.
Le communiqué évoque aussi une nouvelle voie ferrée en préparation. Elle doit relier l’axe routier de Sakanya à Ilebo, en passant par le Kasaï Central. Ce lien supplémentaire doit renforcer le rôle de la région comme zone de passage pour les marchandises venant d’autres provinces.
Le ministre Banza, cité dans le document, affirme que les partenaires techniques peuvent construire jusqu’à 2 kilomètres de rail par jour. Selon lui, ce rythme doit permettre de rattraper rapidement le retard accumulé dans les infrastructures ferroviaires du pays.
Kananga a été retenue comme l’un des cinq pôles de développement de la République démocratique du Congo. Des entreprises partenaires vont s’y installer pour produire sur place des équipements de construction. L’idée est de faire de la ville un centre de fabrication et de logistique pour tout l’espace environnant.
Comme le résume le communiqué : « Kananga sera un hub, une centrale de construction de tout l’espace qui est ici. Cette stratégie vise à amener la vie dans les milieux ruraux et à faire du secteur rural le pourvoyeur des centres urbains, conformément aux pratiques des pays développés ».
L’objectif affiché est simple : rapprocher les villages des grands centres urbains par de meilleures routes, rails et ports, afin que le monde rural devienne un véritable moteur économique, et non plus seulement une zone de départ pour les candidats à l’exode.
— M. KOSI


