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La RDC au cœur du choc économique entre la Chine et les États-Unis

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Le port de Lobito, en Angola, gagne du terrain grâce à un corridor ferroviaire et routier qui accélère la circulation du cuivre et du cobalt depuis le sud de la République démocratique du Congo (RDC) et le nord-ouest de la Zambie. Les délais de transport, autrefois estimés à plusieurs semaines, se réduisent à près d’une dizaine de jours, ce qui attise l’intérêt de différentes puissances. Les États-Unis y voient une opportunité d’appuyer des infrastructures concurrentes de celles promues par la Chine, tandis que l’Union européenne mise sur son programme « Global Gateway » pour financer des projets capables de soutenir la transition énergétique.

Dans ce paysage, Washington apporte un soutien financier et politique au corridor de Lobito, considéré par certains observateurs comme un levier d’influence face à la Belt and Road Initiative chinoise. La Chine, déjà présente dans la région à travers d’importants investissements miniers et des partenariats industriels, cherche à consolider sa maîtrise de la chaîne d’approvisionnement du cobalt. De son côté, l’Union européenne table sur la modernisation de voies logistiques en Afrique pour renforcer le commerce international tout en favorisant le développement économique local.

La RDC, qui détient une part importante des gisements mondiaux de cobalt, se retrouve au cœur d’un affrontement économique. Ses réserves stratégiques suscitent la convoitise des grands acteurs mondiaux, pressés de sécuriser l’accès à des matières indispensables à la fabrication de batteries et de composants électroniques. Les autorités congolaises voient dans ce corridor un moyen de diversifier leurs partenaires, mais elles doivent en parallèle améliorer les infrastructures internes, encourager la transparence et stabiliser le climat des affaires pour attirer des capitaux et créer un cadre propice à la transformation sur place.

Si le corridor de Lobito parvient à s’affirmer, la RDC pourrait consolider son rôle d’intermédiaire incontournable pour l’approvisionnement en minerais critiques, tout en atténuant la dépendance vis-à-vis d’un unique investisseur. Le défi consiste à concilier les intérêts divergents de puissances en quête de ressources, à garantir que les populations locales bénéficient des retombées économiques et à instaurer une gouvernance efficace capable de soutenir un développement durable.

Peter MOYI

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