Le gouvernement de la République démocratique du Congo vient de trancher en faveur d’un financement national pour la construction de la centrale hydroélectrique du grand Katende au Kasaï Central. Cette décision, annoncée après une récente séance du Conseil des ministres, marque un changement de cap par rapport au plan initial qui prévoyait un appui extérieur. Le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, a expliqué que la démarche antérieure, envisagée avec Exim Bank Inde, se révélait moins rapide que souhaité pour terminer cette infrastructure.
Selon les membres de l’exécutif, s’appuyer sur les ressources internes du pays offre plus de souplesse et garantit un démarrage immédiat du chantier. Ce choix, défendu par le ministre des Ressources hydrauliques et électricité, inclut non seulement le projet de la centrale elle-même, mais aussi l’aménagement des lignes de transport et du réseau de distribution. D’après les estimations gouvernementales, la reprise des travaux devrait dynamiser la création de milliers d’emplois, tant dans la phase de construction que dans la future exploitation.
Le plan technique, décrit par le même ministre, prévoit une réalisation en trois étapes. La première, étalée sur deux ans, vise la mise à disposition de 16 mégawatts accompagnés de l’installation partielle de lignes pour desservir Kananga, Mbuji-Mayi et Tshimbulu. Les phases suivantes devraient successivement ajouter 32 mégawatts, puis tirer profit du potentiel déjà mis en place lors de la première tranche. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a évoqué la possibilité de générer assez de revenus pour couvrir les charges liées à la dette grâce à cette montée progressive de la production.
Le ministre des Finances a, de son côté, souligné que l’autofinancement assuré par l’État permettra de maintenir un calendrier de livraison plus réaliste. Dans un délai de 24 mois, une bonne partie de la région sera connectée au réseau, ce qui offrira un nouveau souffle aux activités locales, notamment dans le secteur agricole et l’industrialisation légère.
La centrale du grand Katende, censée alimenter plusieurs provinces du Kasaï, s’inscrit dans le programme plus large visant à développer les infrastructures, améliorer l’accès à l’énergie et encourager la croissance économique dans le centre du pays. Les autorités congolaises comptent en tirer un bénéfice direct pour les populations, tout en stimulant les petites et moyennes entreprises qui dépendent d’un réseau électrique fiable.
M. KOSI


