La République démocratique du Congo veut accélérer sa stratégie d’identité numérique et renforcer la modernisation de ses services publics. Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, l’a réaffirmé le 7 mai 2026 à Kinshasa, lors d’un atelier national organisé en préparation de l’Assemblée générale annuelle ID4Africa 2026 prévue à Abidjan. Le gouvernement congolais entend bâtir un système numérique capable d’identifier les citoyens, de sécuriser les échanges de données et de faciliter l’accès aux services administratifs.
Organisée sous le thème « Identité numérique : des DPI aux écosystèmes publics numériques », la rencontre a réuni des membres du gouvernement, des parlementaires, des experts, des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile. Pour Augustin Kibassa Maliba, l’identité numérique est désormais un outil stratégique pour le fonctionnement de l’État moderne. Selon lui, elle ne sert pas uniquement à identifier les citoyens, mais aussi à améliorer la qualité des services publics, sécuriser les transactions et renforcer l’inclusion sociale.
Le ministre a replacé cette initiative dans la politique de transformation numérique portée par le président Félix Tshisekedi et le gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka. L’objectif affiché est de construire un écosystème numérique cohérent et adapté aux réalités congolaises. Les discussions ont porté sur plusieurs infrastructures numériques considérées comme prioritaires, notamment les paiements numériques, l’échange sécurisé des données, les registres sectoriels, la signature électronique et les plateformes publiques capables de fonctionner ensemble. Cette interopérabilité doit permettre aux différentes administrations de partager certaines informations de manière sécurisée afin de réduire les lenteurs administratives et d’améliorer les services destinés aux citoyens.
La souveraineté numérique au centre des discussions
Les questions de protection des données personnelles, de gouvernance numérique et de souveraineté technologique ont occupé une place importante durant les échanges. Augustin Kibassa Maliba a rappelé que les données sont devenues des actifs stratégiques pour les États et que la RDC devait pouvoir choisir ses standards technologiques ainsi que ses partenaires. Il a aussi estimé que le pays ne devait pas reproduire automatiquement les modèles développés ailleurs, même si certaines expériences africaines comme celles du Maroc ou de l’Afrique du Sud peuvent servir de référence.
À la clôture des travaux, le ministre a annoncé plusieurs orientations stratégiques. Parmi elles figurent la finalisation du document de positionnement national pour l’AGA ID4Africa 2026, l’élaboration d’une cartographie des registres et plateformes déjà existants ainsi que la mise en place d’un mécanisme de coordination interinstitutionnelle autour de l’identité numérique.
Le gouvernement veut ainsi poser les bases d’un système capable de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens tout en soutenant la modernisation de l’administration congolaise. Pour les autorités, l’identité numérique doit devenir un outil concret de gouvernance et de développement, avec une attention particulière portée à la souveraineté, à l’inclusion et à la protection des données.
— Peter MOYI


