À la Conférence de Munich sur la sécurité, la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner a défendu une nouvelle approche de la RDC face à l’exploitation de ses ressources naturelles. Le message est direct : le pays ne veut plus être un simple point d’extraction, mais un acteur à part entière de la chaîne de valeur mondiale des minerais critiques.
Intervenant au panel consacré à la géopolitique des ressources, la ministre a posé le constat sans détour. La RDC concentre des gisements de cobalt et de lithium indispensables à la transition énergétique et aux industries de défense, mais une grande partie de sa population vit dans des conditions précaires. Ce paradoxe, dit-elle, impose de rompre avec des décennies d’un modèle fondé sur la seule extraction.
La vision portée par l’administration du président Tshisekedi repose sur trois axes : transformer les minerais sur place avant de les exporter, investir dans le capital humain et les communautés locales, et développer les infrastructures. Le corridor de Lobito, projet ferroviaire liant la RDC à l’Angola et à la Zambie sous l’égide de l’Union européenne, est cité comme illustration concrète de cette ambition.
Un partenariat stratégique avec Washington comme levier
Sur le plan diplomatique, la ministre a confirmé la signature en décembre d’un partenariat stratégique bilatéral avec l’administration américaine. Kinshasa y voit une opportunité de diversifier ses partenaires miniers, jusqu’ici dominés par quelques acteurs, et d’imposer de nouvelles normes sociales et environnementales sur l’ensemble du secteur.
« Nous ne faisons pas qu’accueillir de nouveaux partenaires, nous utilisons leur arrivée pour élever les standards avec ceux qui sont déjà présents », a résumé Thérèse Kayikwamba Wagner. L’Union européenne est aussi dans l’équation, avec une présence accrue attendue dans le cadre de la stratégie Global Gateway.
La question de l’échéance reste posée. Interrogée sur les délais auxquels les Congolais pourraient bénéficier concrètement de ces transformations, la ministre a reconnu que des changements sont déjà visibles, sans avancer de calendrier précis.
— M. MASAMUNA

