Le développement de l’entrepreneuriat en République Démocratique du Congo est aujourd’hui au cœur des préoccupations du gouvernement, porté par la volonté du Président Félix Tshisekedi d’injecter une nouvelle force dans le secteur. Malgré un potentiel de plus de 100 millions de consommateurs et les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’entrepreneuriat congolais peine encore à décoller. Cette situation s’explique en partie par des obstacles structurels qui freinent l’émergence de nouvelles entreprises, comme l’a souligné Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, lors du Conseil des ministres du 20 décembre.
L’un des principaux défis identifiés par le Président Tshisekedi concerne le faible taux de création d’entreprises par les Congolais eux-mêmes. En dépit d’une population jeune et dynamique, où plus de 65 % des individus ont moins de 35 ans, le pays peine à transformer cette richesse démographique en moteur de croissance économique. Le Chef de l’État appelle ainsi à une révision en profondeur des politiques publiques pour mieux accompagner cette jeunesse entrepreneuse et l’aider à surmonter les obstacles.
Pour cela, il a proposé une approche régionale qui tienne compte des spécificités économiques de chaque province. En d’autres termes, le gouvernement souhaite focaliser ses efforts sur des secteurs d’activité porteurs, adaptés aux ressources naturelles et à la dynamique locale. Le développement des chaînes de valeur, l’intégration des nouvelles technologies et l’accompagnement des populations vulnérables sont autant de leviers à activer pour créer un environnement favorable à la création d’entreprises.
Ce projet ne se limite pas à une vision centralisée. Le gouvernement prévoit une collaboration étroite avec les acteurs privés, notamment en vue d’élaborer des solutions innovantes pour soutenir les startups et les jeunes entrepreneurs. Un rapport détaillé sur ces initiatives devrait être présenté d’ici fin janvier 2025.
Le gouvernement s’engage également à renforcer l’accompagnement institutionnel des porteurs de projets. À cet effet, des réformes législatives comme l’Ordonnance-Loi n°22/030, adoptée en septembre 2022, seront mises en œuvre plus rapidement. Ce texte vise à simplifier les démarches administratives et à favoriser la création d’entreprises. L’initiative se traduira également par la mise en place de nouveaux instruments financiers, notamment en collaboration avec les banques locales. Le Fonds de Garantie pour l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) pourrait ainsi être élargi et complété par des produits financiers plus adaptés aux réalités du terrain.
La question de la culture entrepreneuriale est, elle aussi, au centre de ce programme. Le Président Tshisekedi a insisté sur la nécessité de diffuser cette culture à tous les niveaux de la société congolaise, en particulier chez les jeunes, afin de susciter des vocations et de stimuler l’innovation. L’ambition est de faire de l’entrepreneuriat une véritable source de création d’emplois et de richesse pour le pays, en adéquation avec les défis économiques contemporains.
En somme, le pays semble prêt à franchir une nouvelle étape dans la structuration de son écosystème entrepreneurial. Mais pour que ces efforts portent leurs fruits, il faudra un engagement constant de toutes les parties prenantes, du gouvernement aux institutions financières en passant par la société civile et les jeunes créateurs d’entreprises.
M. KOSI


