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Le projet de loi de finances 2025 face à des prévisions irréalistes : un taux d’inflation de 10,30% contesté

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La présentation du projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2025 suscite des interrogations au sein de la société civile congolaise. D’après une analyse présentée le 21 décembre par le Réseau Gouvernance Économique et Démocratie (REGED), l’élaboration de ce texte semble déconnectée du Plan national de développement stratégique (PNDS) adopté récemment. Cette dissonance a été mise en lumière par Bishop Abraham Djamba, directeur exécutif de l’organisation, lors d’une conférence à Kinshasa.

Selon l’analyse, le PLF 2025 n’est pas en phase avec les priorités du PNDS 2024-2025, car il a été rédigé bien avant l’adoption officielle du plan de développement national, qui a eu lieu le 6 décembre 2024. Djamba a souligné que le projet de loi de finances a été soumis à l’Assemblée nationale seulement quelques jours après l’adoption du PNDS, créant ainsi un décalage temporel flagrant. Cette situation soulève des doutes quant à la prise en compte des objectifs à long terme du pays dans la planification des finances publiques.

Au-delà de l’aspect temporel, la société civile dénonce l’absence de consultation avec les acteurs économiques, sociaux et politiques du pays avant la présentation du PLF 2025. Le projet de loi semble avoir été élaboré sans concertation préalable, laissant de côté les priorités de développement établies dans le PNDS. Djamba a insisté sur la nécessité d’organiser des discussions ouvertes avec toutes les parties prenantes pour ajuster la loi de finances aux besoins réels de la population.

En outre, les prévisions macroéconomiques du PLF 2025 sont vivement critiquées. Les indicateurs économiques, notamment le taux d’inflation estimé à 10,30 %, sont jugés peu réalistes par de nombreux experts. La société civile fait remarquer que la prévision d’inflation pour 2024 s’élevait à 17,50 %, et que les conditions économiques, tant nationales qu’internationales, n’ont pas évolué de manière à justifier une telle baisse. Ce décalage entre les projections et la réalité économique laisse planer des doutes sur la crédibilité des estimations contenues dans le projet.

Pour rétablir un équilibre et garantir que le budget de l’État réponde effectivement aux attentes des citoyens, la société civile recommande que le gouvernement lance un processus de révision du PLF 2025. L’idée serait d’attendre l’élaboration d’un PNDS révisé pour la période 2025-2027, qui pourrait être prêt dès le premier trimestre 2025. Une fois cette révision effectuée, une loi de finances rectificative serait alors soumise pour mieux correspondre aux priorités définies par les Congolais.

Peter MOYI
Editorialiste, Lepoint.cd

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