À Kinshasa, le gouvernement veut mieux suivre le marché du travail. Le 11 décembre 2025, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba, a lancé une nouvelle plateforme numérique et inauguré une salle de contrôle dédiée aux statistiques de l’emploi au siège de l’Office national de l’emploi (ONEM).
Ces outils doivent permettre de savoir, en temps réel, où se créent les emplois, quels profils les entreprises recherchent et comment l’État peut mieux orienter ses politiques publiques, surtout pour la jeunesse.
Une plateforme qui dépend des entreprises
Le ministre a été clair : sans les entreprises, l’outil ne servira à rien. Il a demandé aux sociétés publiques et privées d’alimenter régulièrement l’ONEM en informations sur leurs recrutements, leurs offres d’emploi et leurs besoins en main-d’œuvre.
Selon lui, ces données vont rendre la gestion de l’emploi plus rapide, plus lisible et mieux organisée. Elles aideront aussi à lutter contre les décisions prises « à l’aveugle », sans chiffres fiables.
La nouvelle salle de contrôle statistique fonctionne comme un centre de veille. Des équipes y suivent l’évolution du marché du travail, analysent les offres et les demandes d’emploi et produisent des tableaux de bord destinés au gouvernement. L’objectif est simple : donner aux autorités des chiffres à jour pour adapter les programmes en faveur des chômeurs et des jeunes diplômés.
La coopération belge, à travers l’agence ENABEL, accompagne ce virage numérique. Sa directrice en RDC, Krista Verstraelen, a expliqué que cette plateforme doit faciliter la circulation des offres d’emploi, sécuriser les échanges d’informations et rendre les procédures d’intermédiation plus claires pour le public.
Concrètement, un demandeur d’emploi pourra mieux accéder aux annonces, et une entreprise pourra publier ses besoins et suivre ses démarches sans perdre du temps dans les couloirs de l’administration.
Pour la RDC, où le chômage des jeunes reste élevé, ce type d’outil peut devenir un appui important. À condition que tous les acteurs jouent le jeu et que l’ONEM reste capable d’exploiter correctement les données collectées.
— M. KOSI |


