Nzilo 2 au Lualaba : 200 MW annoncés pour début 2029, capex d’environ 2,35 M USD/MW

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À 60 km de Kolwezi, la centrale hydroélectrique Nzilo 2 vise une injection nette de 200 MW dès le début de l’année 2029, avec quatre groupes de 50 MW. Montant engagé : plus de 470 millions USD, financés par Mining Engineering Services (MES) et China Molybdenum Company Limited (CMOC) dans le cadre du partenariat « Heshima ». Rapporté à la puissance, l’investissement ressort autour de 2,35 millions USD par MW, en ligne avec des ouvrages neufs nécessitant génie civil lourd et équipements électromécaniques. Une composante solaire est prévue pour lisser la courbe de charge et sécuriser l’alimentation des sites miniers et des ménages.

Le 4 octobre 2025, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a constaté l’avancement de la phase préparatoire : routes d’accès et tunnel de dérivation du lit de la rivière. Lualaba Power — coentreprise entre MES et la SNEL — détient depuis 2023 une licence de producteur indépendant (IPP), étape indispensable pour vendre l’énergie au réseau national. L’objectif est clair : combler une partie du déficit électrique d’une province où la consommation industrielle progresse au rythme de l’extraction et de la transformation des minerais.

Calendrier, montage et effets attendus sur le réseau

La mise en service visée pour début 2029 fixe la trajectoire des travaux électromécaniques et des raccordements. Le choix d’une configuration 4×50 MW permet d’étaler la production, de faciliter la maintenance par tranches et de réduire le risque d’arrêt complet. L’ajout du photovoltaïque doit couvrir les pointes diurnes et économiser l’eau turbinée durant certaines plages horaires, ce qui améliore la disponibilité saisonnière et la qualité de service pour les gros consommateurs comme pour les centres urbains.

Le financement MES–CMOC, signé en mai 2024, couvre l’achèvement des travaux. Cette structuration apporte de la visibilité sur le décaissement et la chaîne d’approvisionnement des équipements (turbines, alternateurs, transformateurs). Pour l’acheteur public, l’arrivée de 200 MW stables dans le Lualaba implique une planification fine des postes et des lignes d’évacuation afin de limiter les pertes et d’éviter les congestions locales, fréquentes dans les bassins miniers à forte intensité énergétique.

Lors de sa tournée, le ministre a replacé Nzilo 2 dans le portefeuille en cours de suivi :

« Les projets visités dans cette tournée totalisent près de 1 000 MW, sur un déficit national estimé à 3 000 MW. Si nous parvenons à combler un tiers de ce déficit, en attendant le grand projet d’Inga, ce serait déjà une avancée », a déclaré Aimé Sakombi Molendo.

Pour les opérateurs, l’apport de Nzilo 2 doit réduire l’aléa d’approvisionnement, stabiliser les coûts liés aux arrêts et limiter le recours à l’autoproduction thermique. Pour les ménages, l’effet attendu se mesure en heures de service supplémentaires et en tension mieux tenue. Le cap reste la mise en production au début 2029, avec une montée en charge graduelle des groupes et l’intégration du solaire pour amortir les variations de débit.

— M. KOSI

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