En avril 2023, l’annonce faite par Muhindo Nzangi, alors ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), avait suscité un espoir immense parmi les anciens étudiants congolais. La promesse était simple : permettre à ceux qui avaient terminé leurs études entre 1961 et 2021 de retirer enfin leurs diplômes, moyennant une somme modique de 10 dollars pour le cycle de graduat et de 20 dollars pour la licence. Cette initiative, appuyée par l’Université de Kinshasa sous la direction de Jean-Marie Kayembe, devait mettre fin à des décennies d’attente. Aujourd’hui, plus d’un an après, le silence des autorités est devenu pesant, laissant des milliers d’étudiants sans réponse et sans leurs précieux diplômes.
Une collecte de fonds qui pose question
L’enthousiasme suscité par l’annonce du ministre Nzangi s’est rapidement transformé en inquiétude. Les anciens étudiants, désireux de récupérer leurs diplômes, ont massivement contribué aux frais demandés. Cependant, malgré les promesses de livraison pour août 2023, aucun document n’a été remis. Le départ de Muhindo Nzangi du ministère de l’ESU en mai 2024, pour prendre en charge le ministère du Développement rural, a accentué les doutes. Aucun diplôme n’a été signé, et l’argent collecté reste introuvable.
Des zones d’ombre préoccupantes
Les interrogations se multiplient quant à la gestion de cette opération. Combien de diplômés ont payé ces frais ? Où sont passés les fonds ? Pourquoi les diplômes n’ont-ils jamais été imprimés ? La transparence fait défaut, et l’absence d’informations officielles alimente la méfiance. Dans un pays où les scandales financiers ne sont pas rares, cette situation soulève des inquiétudes légitimes. La confiance dans les institutions est mise à rude épreuve, et les anciens étudiants attendent des réponses claires.
Un impact socio-économique significatif
Au-delà des questions financières, ce retard dans la délivrance des diplômes a des conséquences directes sur l’avenir professionnel de milliers de Congolais. Sans ce document officiel, de nombreuses portes restent fermées, tant sur le marché du travail national qu’international. Les attestations provisoires ne suffisent pas, notamment pour ceux qui souhaitent poursuivre leurs études ou travailler à l’étranger. Cette situation reflète un malaise plus profond dans le système éducatif congolais, où les citoyens peinent à obtenir des documents essentiels.
Quelles perspectives pour les diplômés lésés ?
La situation actuelle requiert une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur cette affaire. Il est crucial que les autorités compétentes prennent des mesures pour rétablir la confiance et garantir la justice aux anciens étudiants. La gestion des fonds collectés doit être clarifiée, et les responsables doivent rendre des comptes.



En attendant, les regards se tournent vers Muhindo Nzangi, l’ancien ministre de l’ESU, pour qu’il apporte des explications sur le sort des diplômes promis.
Peter MOYI





