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RDC : 1 057 kilos d’or artisanal vendus sur le marché international grâce à la traçabilité

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Plus d’une tonne d’or issue des filières artisanales congolaises a franchi les frontières de la RDC au premier semestre 2025. D’après les chiffres communiqués par DRC Gold Trading SA, 1 057,88 kilogrammes d’or, extraits à la main, ont trouvé preneur sur le marché international entre janvier et juin. Cette performance n’a rien d’anodin. Elle témoigne d’un basculement progressif : vendre l’or « au grand jour », dans des circuits déclarés, n’est plus une utopie pour les acteurs locaux.

Sur les réseaux sociaux, la société DRC Gold Trading SA n’a pas tardé à s’en féliciter. « Exporter plus d’une tonne d’or artisanal, c’est prouver que la filière peut être rentable, légale et parfaitement traçable », affirme-t-on, images à l’appui, sur leur compte officiel.
Cinq villes du pays émergent comme de véritables plaques tournantes : Kindu se détache, avec 447,028 kg exportés sur six mois, suivi de Kalemie (302,559 kg) et Buta (221,651 kg). Bunia (74,131 kg) et Isiro (12,511 kg) complètent le tableau. Ce sont là des chiffres rarement vus dans la traçabilité du secteur artisanal congolais, où le commerce illicite restait jusque-là la norme.

Au-delà du volume, c’est la portée symbolique qui interpelle. Le gouvernement, sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, entend reprendre la main sur une ressource longtemps captée par la contrebande. En sécurisant les flux, l’État espère freiner l’hémorragie financière et repositionner l’or comme levier de recettes budgétaires.

Le potentiel est loin d’être théorique : au 5 août 2025, la référence européenne fixait le prix du kilo d’or à 91 800 euros. Le calcul est vite fait : cette vague d’exportations légales pourrait rapporter à la RDC plus de 97 millions d’euros de recettes, selon l’évaluation du Comptoir national de l’or en France.

Cette avancée ne doit rien au hasard. Des contrôles accrus, la mise en place de comptoirs agréés et l’exigence de la traçabilité du métal précieux commencent à porter leurs fruits. Mais une question demeure : l’expérience peut-elle se généraliser à l’ensemble du secteur, alors que de vastes territoires échappent encore à la régulation ? Les prochains semestres diront si la tendance s’inscrit dans la durée.

La RDC, souvent décrite par Jeune Afrique comme « une économie qui progresse comme un camion sur une piste sablonneuse », semble enfin vouloir éviter l’enlisement sur ce terrain sensible qu’est l’or artisanal. Mais rien n’est joué : la route reste longue, parsemée d’obstacles humains et logistiques.

Au final, cette dynamique ouvre la voie à une vraie question : l’or congolais deviendra-t-il un modèle de transparence, ou retombera-t-il dans l’anonymat des circuits parallèles ? La réponse dépendra autant de la volonté politique que de la capacité à convaincre les mineurs et les acheteurs.

— M. KOSI

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