La Direction générale des impôts (DGI) a annoncé une reconfiguration des groupes de taxation utilisés dans les systèmes de facturation d’entreprise (SFE), en application de la Loi de finances n° 25/060 du 29 décembre 2025 pour l’exercice 2026. Objectif affiché : mettre à jour les règles de TVA et améliorer la fiabilité des données transmises à la plateforme E-DEF, au cœur du dispositif de facturation électronique.

Derrière une réforme très technique, l’enjeu est concret pour les entreprises : un mauvais paramétrage de taux ou de codes peut entraîner des rejets de fichiers, des incohérences de déclaration et, à terme, des redressements.
Le premier changement porte sur la manière de qualifier certaines opérations. Le groupe A, jusque-là libellé « Exonéré », devient « Exonéré et Hors champ ». La DGI veut ainsi distinguer plus clairement :
Sur le plan opérationnel, la précision est importante : pour les opérations hors champ, la DGI exige de renseigner explicitement la valeur “Hors champ” dans le champ “Code d’article” du DEF, afin de sécuriser la qualité de l’information transmise à E-DEF.
Dans la même logique d’ajustement, la DGI revoit des taux sur certains segments. Le groupe C, auparavant « Taxable à 8 % », passe à « Taxable 5 % ». La baisse concerne aussi les marchés publics financés de l’extérieur : le groupe G, « TVA Marché public à financement extérieur (8 %) », est ramené à 5 %.
Autre nouveauté : l’introduction de deux groupes de taxation à 1 % :
Au final, la grille intègre plus nettement plusieurs niveaux de traitement — 1 %, 5 %, et une clarification des opérations exonérées ou hors champ — ce qui oblige les entreprises à revoir leurs catalogues d’articles, leurs matrices de taux et leurs règles comptables (TVA collectée, TVA déductible, base imposable).
La DGI demande une mise à jour rapide des outils. Les SFE en cours d’homologation doivent intégrer ces modifications immédiatement. Les solutions déjà homologuées sont appelées à passer par une ré-homologation, centrée sur des cas de test actualisés. Les MCF physiques utilisés pour les tests devront aussi être mis à jour, selon un calendrier annoncé ultérieurement.
La documentation technique et les cas de test seront publiés sur la plateforme développeurs de la DGI.
Surtout, l’administration prévient : une solution de facturation qui n’intègre pas les nouveaux groupes ne pourra pas être maintenue en production. Dans les faits, cela signifie que les entreprises doivent anticiper plusieurs chantiers :
Au-delà de l’ingénierie informatique, la DGI cherche à renforcer la traçabilité et la qualité de la donnée fiscale. La clarification « exonéré vs hors champ » vise à réduire les erreurs de qualification, souvent sources de déclarations imprécises. L’ajustement des taux, notamment la baisse de 8 % à 5 % sur certains segments, traduit une volonté d’aligner la grille sur les nouvelles dispositions prévues pour 2026.
Dans le texte de référence, l’administration rappelle par ailleurs que les recettes publiques ont dépassé les assignations en novembre 2025, une tendance observée depuis le début de l’année. La modernisation du e-facturage et d’E-DEF est présentée comme un outil pour consolider cette performance, en s’appuyant davantage sur le contrôle et la fiabilité des transactions déclarées.
Pour les entreprises, la priorité est immédiate : mettre à jour, tester et déployer. Car dans un système de facturation électronique, une erreur de taux ou de codage ne reste plus interne : elle devient une donnée transmise, exploitable et contrôlable.
— M. KOSI





Chaque jour, les informations économiques de la RDC qu’il ne faut pas rater, directement sur votre téléphone.
Rejoindre la chaîne
Connectez-vous à votre compte LePoint.cd