La RDC et l’Ouganda veulent renforcer leur coopération énergétique et accélérer le développement des infrastructures régionales. Réunie à Kampala du 8 au 10 mai 2026, la 9e session de la Commission permanente mixte entre les deux pays a permis d’avancer sur plusieurs dossiers liés à l’électricité, aux échanges commerciaux et aux infrastructures frontalières. Six projets de protocoles d’accord ont été adoptés avant leur signature annoncée en présence des présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni.
La participation du ministre congolais des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, montre que Kinshasa veut désormais intégrer l’énergie dans sa stratégie économique avec Kampala. Cette coopération dépasse progressivement les questions sécuritaires pour s’étendre aux corridors commerciaux, aux postes frontaliers à guichet unique et à l’interconnexion des réseaux électriques. Pour la RDC, cet enjeu prend de l’importance dans un contexte marqué par l’augmentation de la demande en électricité, portée à la fois par les activités minières, l’urbanisation, les zones économiques et les besoins des ménages.
Une coopération tournée vers les échanges régionaux
La frontière entre la RDC et l’Ouganda dépasse 800 kilomètres et constitue l’un des espaces commerciaux les plus actifs de la région des Grands Lacs. Des points de passage comme Kasindi, Bunagana et Mahagi concentrent une partie importante des flux commerciaux entre les deux pays. Les autorités congolaises et ougandaises prévoient notamment l’installation de postes frontaliers à arrêt unique ainsi que des marchés transfrontaliers modernes afin de fluidifier les échanges et réduire les délais de passage.
Dans cette dynamique, l’électricité devient un élément stratégique. Une meilleure interconnexion énergétique peut améliorer l’alimentation des zones frontalières, soutenir les activités commerciales locales et réduire la dépendance aux solutions électriques isolées. Elle peut aussi accompagner la modernisation des corridors reliant l’Est de la RDC à l’Ouganda. Pour les deux États, l’énergie apparaît désormais comme un levier économique, mais aussi comme un outil d’intégration régionale et de stabilisation des échanges.
Les discussions engagées à Kampala devront maintenant être transformées en projets concrets avec des financements, des infrastructures et des calendriers d’exécution précis. La prochaine session de la Commission permanente mixte RDC-Ouganda est prévue à Kinshasa en mai 2028. D’ici là, les deux pays seront attendus sur la mise en œuvre effective des engagements annoncés, notamment dans les zones frontalières où les besoins en infrastructures et en électricité restent importants.
— Joldie KAKESA


