China Railway Resources Universal Limited veut développer au Kasaï-Oriental le projet Micka, une exploitation cuprifère annoncée entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an. Présenté le 7 mai 2026 au ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ce projet cible les territoires de Miabi et Kabeya-Kamwanga, avec un volet énergétique compris entre 250 et 500 MW.
Le Grand Kasaï pourrait entrer dans une nouvelle séquence minière. Longtemps associé au diamant et aux difficultés de relance de la MIBA, cet espace économique est désormais présenté comme un futur pôle de production de cuivre. Le projet Micka, porté par China Railway Resources Universal Limited, vise à installer une exploitation industrielle dans deux territoires du Kasaï-Oriental, avec une capacité de production qui pourrait atteindre 500 000 tonnes par an.
Cette annonce change l’échelle du débat. La production congolaise de cuivre reste surtout concentrée dans le Lualaba et le Haut-Katanga, deux provinces qui assurent l’essentiel du métal rouge exporté par la RDC. 7sur7.cd estime la production nationale autour de 3,5 millions de tonnes par an, dont plus de 80 % proviennent de ces deux provinces. À son niveau haut, Micka pourrait donc représenter près de 14 % de cette production actuelle.
L’énergie devient le vrai test du projet Micka
Le projet ne repose pas seulement sur l’extraction. China Railway Resources Universal Limited prévoit aussi une centrale hybride, combinant hydroélectricité et photovoltaïque, d’une capacité comprise entre 250 et 500 MW. Cette infrastructure doit alimenter les activités minières, mais aussi contribuer à réduire le déficit énergétique dans cette partie du pays, où l’absence d’électricité freine depuis des années l’industrialisation locale.
Pour le Kasaï-Oriental, l’enjeu dépasse donc la mine. Une production de cuivre sans énergie fiable, sans routes, sans sous-traitance locale et sans mécanisme clair de captation des retombées peut vite reproduire les limites observées ailleurs dans le pays. À l’inverse, un projet adossé à une capacité énergétique solide peut soutenir des activités connexes, créer des emplois directs et indirects, attirer des services industriels et élargir la base fiscale provinciale.
Le ministère des Mines présente ce dossier comme l’un des projets suivis de près par le Président Félix Tshisekedi. Louis Watum Kabamba a assuré les responsables de China Railway Resources Universal Limited de l’accompagnement du Gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, afin d’accélérer la mise en œuvre du projet.
Mais l’annonce devra encore franchir l’étape des études, des permis, du financement, de la construction des infrastructures et de l’encadrement communautaire. Le Grand Kasaï a déjà connu de nombreuses promesses industrielles restées incomplètes. Le projet Micka sera donc jugé moins sur le volume annoncé que sur sa capacité à produire, à électrifier, à employer et à laisser une part visible de la valeur dans les territoires de Miabi et Kabeya-Kamwanga.
— M. KOSI


