Un projet industriel d’environ 1,2 milliard USD est en cours de structuration pour l’acquisition d’actifs miniers en République démocratique du Congo, avec l’objectif de développer une chaîne de valeur intégrée dans la province du Lualaba. L’opération, soutenue par UBA, vise à mettre en place un projet hydrométallurgique couvrant l’ensemble du cycle, de l’extraction à la transformation.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de montée en gamme du secteur minier africain, avec un accent sur la transformation locale des ressources. Le projet, lié à l’écosystème de Buenassa, entend structurer une chaîne industrielle intégrée, en cohérence avec les orientations visant à capter davantage de valeur sur le continent. L’approche repose sur une combinaison de capitaux africains et de partenariats internationaux, avec un alignement sur les enjeux de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques.
Le développement de ce type d’infrastructure intervient dans un contexte de forte demande mondiale. Selon les discussions récentes au niveau international, notamment au Conseil de sécurité des Nations Unies, la demande en minerais critiques pourrait tripler d’ici 2030. Cette évolution renforce la pression sur les pays producteurs pour transformer leur modèle économique et intégrer davantage les étapes de traitement et de valorisation.
Vers une industrialisation centrée sur la transformation locale
Le projet illustre une orientation vers l’industrialisation du secteur minier, en privilégiant la transformation sur place et la création de chaînes de valeur complètes. Cette approche vise à générer plus d’emplois, à développer les compétences locales et à accroître les retombées économiques au niveau national.
Dans ce cadre, les acteurs du secteur mettent en avant la nécessité de dépasser le modèle extractif traditionnel, centré sur l’exportation de matières premières. L’objectif est de construire des filières industrielles capables de répondre à la demande mondiale tout en renforçant la souveraineté économique des pays producteurs.
La structuration de ce projet intervient également dans un contexte de recomposition des alliances économiques, où les partenariats transatlantiques cherchent à sécuriser l’accès aux ressources stratégiques. Pour la RDC, l’enjeu consiste à positionner ses ressources au cœur de chaînes de valeur intégrées, tout en maximisant les bénéfices pour l’économie locale.
— Peter MOYI


