Le projet de modernisation des voiries urbaines à Kinshasa entre dans une phase concrète sur l’avenue Mobutu, dans la commune de Masina. Plus de 250 mètres de béton armé recouvrent désormais l’axe abattoir, transformant petit à petit l’état de la route et le quotidien des usagers. Sur ce tronçon stratégique de 760 mètres, la couche de roulement atteint 25 centimètres d’épaisseur pour une largeur de 7 mètres. C’est ce qu’a confirmé l’ingénieur Emile Imela, contrôleur permanent du Bureau technique de contrôle, rencontré sur le site.
Les équipes, guidées par les exigences du profil transversal, s’activent pour respecter les normes de mise en œuvre. « Le bétonnage est effectué en continu afin d’éviter la formation de joints froids. La vibration mécanique renforce la compacité du matériau », explique Emile Imela. Cette attention aux détails techniques garantit une meilleure durabilité de l’infrastructure, enjeu de taille dans une capitale où l’état des routes impacte directement la vie économique.
L’avenue Mobutu n’est qu’une pièce du puzzle. Le chantier s’inscrit dans le vaste programme de construction et de modernisation de 115 kilomètres de voirie en béton armé à Kinshasa, lancé par les autorités pour répondre aux besoins d’une ville en pleine expansion. Sur l’axe Matankumu, la boucle couvre plusieurs segments : Matankumu-OCPT-Liberté (1,966 km), Mobutu-Orientation-Matankumu (0,390 km), Carrefour Matankumu-Mobutu (0,325 km), Matankumu-Abattoir (0,182 km), Abattoir (0,760 km) et Syndicat (0,675 km). L’objectif : désenclaver des quartiers entiers, faciliter la circulation des biens et des personnes, et donner un nouveau souffle à l’économie locale.
Le maître d’œuvre, Wagenya Contractor, doit livrer l’ensemble des travaux dans un délai de neuf mois. Un pari ambitieux pour un chantier d’une telle ampleur, alors que la pression monte sur la capacité d’exécution et le respect des délais. L’expérience récente dans d’autres communes montre cependant que la rigueur dans la gestion du bétonnage est la clé pour éviter les reprises coûteuses et prolonger la durée de vie des routes. D’après un rapport de la Banque mondiale sur les infrastructures urbaines en Afrique subsaharienne, une chaussée en béton bien conçue peut durer jusqu’à trente ans, contre une dizaine d’années pour les routes en asphalte mal entretenues.
À Kinshasa, où le trafic ne cesse de croître, ce type de projet devient vital pour accompagner la croissance urbaine et limiter les pertes économiques liées à la dégradation des voies. Beaucoup d’automobilistes s’impatientent, mais d’autres se disent déjà soulagés par les avancées visibles sur le terrain. Reste à voir si les prochaines étapes respecteront le calendrier fixé, alors que la saison des pluies pourrait venir compliquer l’achèvement du chantier.
— M. KOSI


