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Un consortium occidental négocie 40 % des mines de cobalt de Glencore en RDC pour 9 milliards de dollars

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Un groupe d’investisseurs mené par le financier américain Oskar Lewnowski cherche à acquérir 40 % des parts de deux grandes mines de cuivre et de cobalt en RDC, dans une transaction évaluée à environ 9 milliards de dollars. Les actifs visés appartiennent au géant des matières premières Glencore et comprennent les mines de Mutanda et de Kamoto, parmi les plus importantes sources de cobalt au monde.

L’opération est portée par l’Orion Critical Minerals Consortium, une structure qui associe la société de financement du développement du gouvernement américain, la DFC, et le fonds souverain d’Abou Dhabi ADQ. Glencore conserverait la gestion opérationnelle des sites, tandis que le consortium obtiendrait le droit de nommer des administrateurs et de commercialiser sa part de la production auprès d’acheteurs sélectionnés.

Oskar Lewnowski est le fondateur d’Orion Resource Partners, une société d’investissement new-yorkaise spécialisée dans les mines et les métaux. Discret depuis des décennies malgré son poids dans le secteur, il a notamment co-fondé le fonds spécialisé Red Kite au début des années 2000, avant de lancer Orion en 2013. La firme a depuis investi plusieurs milliards de dollars dans des projets miniers sur plusieurs continents, avec pour investisseurs des fonds de pension et des fonds souverains.

La RDC au cœur de la bataille occidentale pour les minerais critiques

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt, un métal indispensable aux batteries rechargeables des véhicules électriques, des smartphones et des systèmes de stockage d’énergie. Le cuivre, également extrait sur ces sites, est essentiel aux réseaux électriques et aux infrastructures d’énergie renouvelable.

Mais une grande partie de la capacité mondiale de raffinage du cobalt est aujourd’hui contrôlée par des entreprises chinoises, qui ont massivement investi dans les mines et les usines de traitement à travers l’Afrique. Cette domination inquiète Washington et les capitales européennes, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en minerais stratégiques.

Le consortium cible délibérément des mines déjà en production, plutôt que des projets d’exploration qui peuvent prendre des années avant de livrer leur première tonne. Cette approche permet de raccourcir les délais d’approvisionnement vers les marchés occidentaux.

L’accord reste à ce stade non contraignant. Il devra passer par une phase d’audit approfondi, obtenir les approbations réglementaires nécessaires et aboutir à des contrats définitifs avant d’être finalisé. S’il aboutit, il représentera l’un des investissements miniers les plus importants réalisés en Afrique ces dernières années.

— M. MASAMUNA

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