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Plus de 2000 sacs de farine de maïs jugés impropres à la consommation retournée en Tanzanie

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Depuis quelques jours, une importante alerte a secoué la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, suite à l’interdiction par l’Office Congolais de Contrôle (OCC) de l’entrée de plus de 2000 sacs de farine de maïs. Importée en provenance de Tanzanie, cette cargaison ne répondait pas aux normes sanitaires et a été immédiatement renvoyée vers son pays d’origine. Loin d’être une simple procédure administrative, cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité alimentaire et le contrôle des produits qui pénètrent sur le marché congolais.

L’inspection effectuée par les autorités compétentes, incluant la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ainsi que les services d’hygiène aux frontières, a révélé des irrégularités inquiétantes. En plus de contenir des résidus chimiques potentiellement nuisibles à la santé, la farine concernée ne respectait pas les standards de qualité exigés par la législation congolaise. Pire encore, l’absence de dates de fabrication et de péremption sur les sacs soulève des doutes sur la traçabilité de cette marchandise. Ces manquements ont été jugés trop graves pour permettre à cette cargaison d’entrer sur le territoire, d’où la décision de l’OCC de la retourner en Tanzanie.

La réaction des acteurs économiques locaux à Uvira est partagée, mais certains dénoncent ce qu’ils considèrent comme une réponse insuffisante face à ce danger. Zembezembe Byamungu, premier vice-président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Uvira, a exprimé son scepticisme sur la procédure actuelle. « L’absence totale d’information sur la date de fabrication et la péremption de ce produit rend toute vérification de sa qualité difficile. Sans ces éléments, il devient quasi impossible de confirmer que cette farine est encore consommable », a-t-il déclaré. Pour lui, la solution serait claire : détruire ces produits pour éviter toute catastrophe sanitaire, plutôt que de les renvoyer dans un autre pays.

Les autorités de l’OCC, bien que n’ayant pas donné plus de détails sur la suite de l’affaire, ont clairement indiqué que la cargaison ne pouvait pas entrer sur le marché congolais. Mais cette situation met en lumière une question qui va bien au-delà de ce seul incident : comment garantir que de telles situations ne se reproduiront pas à l’avenir ? La surveillance des importations alimentaires, à l’heure où les échanges commerciaux deviennent de plus en plus complexes, est une priorité pour le pays, surtout face à un environnement sanitaire fragile.

Cet épisode est un rappel de l’importance de mettre en place un contrôle strict des produits entrants, mais aussi de la transparence des informations qui accompagnent les marchandises importées. Le retour de la farine en Tanzanie pourrait être la première étape d’un processus plus large visant à renforcer la réglementation et la surveillance des produits alimentaires destinés au Congo.

Par M. MATUVOVANGA

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