À Bakwanga, au cœur du Kasaï Oriental, la Société Minière de Bakwanga (MIBA) navigue toujours dans les eaux troubles d’une crise qui n’en finit pas. Malgré une promesse gouvernementale de 70 millions de dollars pour redonner un souffle à cette entreprise minière autrefois florissante, la concrétisation de ces fonds se fait attendre.
André Kabanda Kana, directeur général de la MIBA, ne cache pas sa frustration. Il explique que la décision a été prise lors d’une réunion officielle en août, mais depuis, rien n’a avancé. Cette attente prolongée met en péril non seulement la relance économique de l’entreprise, mais également la survie des centaines de familles dépendantes des activités de la MIBA.
Le quotidien des travailleurs de la société s’est transformé en une lutte pour joindre les deux bouts. Privés de salaires depuis des mois, ils subissent les conséquences directes de la paralysie de la société. Les retraités, quant à eux, se sentent abandonnés. Après avoir dédié des décennies de leur vie à cette entreprise, ils attendent toujours leurs droits. André Kabanda insiste : ces anciens employés ne demandent pas la charité, mais simplement que leurs arriérés soient pris en compte, même provisoirement, pour leur permettre de vivre dignement.
Mais le problème dépasse la simple question des salaires impayés. La production, pilier de la survie économique de la MIBA, est quasiment inexistante. Les équipements vétustes et le manque de moyens pour assurer un fonctionnement minimum ont réduit les activités à une peau de chagrin. Sans fonds de roulement, l’entreprise ne peut produire, et sans production, il n’y a aucun revenu pour espérer une reprise.
Pourtant, selon M. Kabanda, la solution ne semble pas hors de portée. Il pointe du doigt les retards dans le remboursement des créances que l’État doit à la MIBA. Ce soutien financier, bien qu’annoncé, tarde à se concrétiser, exacerbant une situation déjà critique.
Le dirigeant de la MIBA espère désormais que le Président de la République, dans son rôle de garant des engagements pris par le gouvernement, prendra les mesures nécessaires pour accélérer ce processus. Il ne s’agit plus seulement d’une question économique, mais également d’un enjeu social. Derrière les chiffres, il y a des vies, des familles et une région qui attendent des actes concrets.
L’attente s’éternise, mais l’espoir persiste que les promesses ne resteront pas lettre morte. La MIBA n’a pas encore dit son dernier mot, mais le temps presse.
— M. KOSI


