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De 0,02 dollar en Libye à 2,86 dollars au Malawi : les prix du carburant en Afrique révèlent la fracture entre producteurs et importateurs

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En mars 2026, le prix de l’essence varie de 0,02 dollar le litre en Libye à près de 2,86 dollars au Malawi, soit un rapport de 1 à 143 entre les pays africains les moins chers et les plus chers. Ces disparités reflètent des réalités profondes en matière de politique énergétique, de capacités de raffinage et de dépendance aux importations.

L’Afrique du Nord affiche les prix les plus bas du continent, avec une moyenne d’environ 0,60 dollar le litre. La Libye, l’Algérie et l’Égypte maintiennent des tarifs très faibles grâce à de généreuses subventions étatiques et à une production pétrolière locale. La Libye, productrice de pétrole brut, propose le carburant le moins cher du monde avec 0,02 dollar le litre.

Le Nigeria occupe une position intermédiaire à environ 0,80 à 0,88 dollar le litre, constituant une anomalie en Afrique subsaharienne. La mise en service de la raffinerie Dangote, la plus grande d’Afrique, contribue à maintenir les prix en deçà de ceux de ses voisins, malgré la suppression partielle des subventions étatiques.

Les prix les plus élevés se concentrent en Afrique australe et orientale. Le Malawi enregistre les tarifs les plus lourds du continent à près de 2,86 dollars le litre en février et mars 2026, suivi du Zimbabwe, de la République centrafricaine et du Sénégal. Ces pays dépendent totalement des importations de carburant raffiné, subissent des coûts logistiques élevés et voient leurs monnaies locales fragilisées face au dollar.

La RDC entre dépendance aux importations et pression sur les ménages

Quatre facteurs expliquent ces écarts. La capacité de raffinage locale réduit mécaniquement la dépendance aux marchés internationaux. Les subventions gouvernementales absorbent une partie du coût pour le consommateur final, mais pèsent sur les budgets publics. Les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz perturbent les chaînes d’approvisionnement et renchérissent le transport maritime. Enfin, la valeur des monnaies locales face au dollar détermine directement le coût des importations de carburant raffiné.

Pour la RDC, qui importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés et dont le gouvernement vient de relever les prix du gasoil minier à 2,43 dollars le litre dans la zone sud, ces données illustrent la vulnérabilité structurelle d’une économie sans capacité de raffinage face aux chocs des marchés énergétiques mondiaux.

— M. KOSI

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