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Énergie : la fin des incitations chinoises risque d’augmenter les coûts du solaire en Afrique

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La Chine supprime certaines aides fiscales sur les panneaux solaires et les batteries, ce qui pourrait faire monter les prix à l’export. Cette décision intervient alors que Tesla prévoit d’acheter pour 2,9 milliards USD d’équipements auprès de fournisseurs chinois, ce qui accentue la pression sur le marché mondial.

La politique industrielle chinoise évolue et commence déjà à influencer l’équilibre du secteur solaire. En réduisant les incitations à l’exportation, Pékin diminue un avantage qui permettait jusque-là de contenir les prix. Dans le même temps, la demande mondiale augmente, portée notamment par des projets industriels aux États-Unis. Cette combinaison crée un risque de hausse progressive des coûts pour les pays importateurs. L’Afrique est en première ligne, car la majorité de ses projets solaires dépend d’équipements venus de Chine.

Une pression accrue sur les projets énergétiques africains

Sur le continent, les installations solaires sont déjà plus coûteuses qu’ailleurs. Le transport, les droits de douane et les faibles volumes de commandes pèsent sur les budgets. Avec la fin des incitations chinoises, une nouvelle pression s’ajoute. Certains fournisseurs peuvent, à court terme, limiter la hausse pour préserver leurs parts de marché. Mais cette stratégie ne peut pas durer si les coûts augmentent à la source. Progressivement, les prix devraient s’ajuster, ce qui renchérit les équipements utilisés dans les centrales solaires.

Cette évolution touche directement le financement des projets. Le coût des équipements représente une part importante de l’investissement initial. Quand il augmente, la rentabilité baisse et les projets deviennent plus difficiles à financer. Dans plusieurs pays africains, où l’accès au crédit reste limité, cela peut ralentir le déploiement des infrastructures. Au-delà de cet effet immédiat, la situation met en évidence une dépendance structurelle aux chaînes d’approvisionnement chinoises. Pour réduire ce risque, les États peuvent diversifier leurs partenaires ou développer des capacités locales d’assemblage. Ces options demandent du temps, mais elles peuvent atténuer l’impact des décisions prises à l’étranger sur les projets énergétiques du continent.

— M. MASAMUNA

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