En République démocratique du Congo, une ONG appelle l’État à mieux protéger les communautés touchées par l’exploitation minière. À Kinshasa, elle demande des indemnisations adaptées face aux pertes humaines, foncières et environnementales déjà constatées dans la province de la Tshopo.
Lors d’une conférence de presse, l’Action pour la promotion et protection des peuples et espèces menacés (APEM) a dressé un état des lieux préoccupant. Son coordonnateur national, Blaise Mudodosi, évoque des impacts directs sur les populations vivant à proximité des sites miniers, qu’ils soient artisanaux ou industriels. Sur le terrain, l’ONG observe une déforestation progressive, une dégradation des écosystèmes et une pollution de certaines sources d’eau. À cela s’ajoute l’abandon de sites non réhabilités, qui expose les habitants à des risques permanents. Les atteintes ne sont pas seulement environnementales. L’APEM parle aussi de violations des droits fonciers et humains, avec des communautés privées de leurs terres sans compensation suffisante, alors que ces espaces constituent leur principale source de revenus.
L’organisation insiste sur le respect du Consentement libre, informé et préalable, un principe qui impose de consulter les populations avant toute activité minière. Concrètement, les communautés doivent être informées, comprendre les impacts et donner leur accord avant le démarrage des projets. Les chiffres avancés illustrent déjà les conséquences sur le terrain. Dans la Tshopo, l’ONG indique avoir recensé au moins quatre décès, trois cas de noyade et une quinzaine de personnes ayant perdu leurs champs, notamment dans les territoires de Banalia et Bafwasende où l’exploitation aurifère est active.
Des mesures attendues pour encadrer le secteur
Face à ces constats, l’APEM appelle le gouvernement à renforcer son action. L’ONG demande des indemnisations justes pour compenser les pertes subies par les populations, qu’il s’agisse de terres, de revenus ou de santé. Elle insiste aussi sur le respect strict des normes environnementales, avec la réhabilitation des sites après exploitation et le reboisement des zones dégradées. L’interdiction de certaines substances polluantes figure également parmi les priorités. La sécurité des habitants reste un point central, avec la nécessité de signaler clairement les zones à risque et de mieux prendre en charge les victimes.
Les entreprises minières sont également concernées. L’ONG leur demande de travailler en concertation avec les communautés locales, en améliorant la cartographie des terres, en instaurant un dialogue régulier et en mettant en place des mécanismes accessibles de gestion des plaintes. Elle insiste aussi sur l’importance d’une communication claire, y compris dans les langues locales, pour permettre aux populations de comprendre les enjeux et les risques liés aux activités minières. Soutenue par des partenaires comme Forest Peoples Programme, l’APEM prévoit de poursuivre son plaidoyer au niveau national et international afin de renforcer la protection des droits des communautés dans un secteur clé pour l’économie congolaise.
— M. KOSI


