La Chambre de commerce Belgique, Congo, Luxembourg, CCBCL, veut accélérer l’intégration des entreprises congolaises dans les activités minières en République démocratique du Congo. Lors d’une rencontre organisée avec l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, ARSP, les échanges ont porté sur le contenu local, la sous-traitance et la place des entreprises nationales dans la chaîne de valeur minière. Selon les organisateurs, les discussions ont dépassé le temps initialement prévu, signe de l’intérêt croissant des opérateurs économiques pour ces questions.

Dans un message publié après la rencontre, le président de la CCBCL, Alexis Nsikungu, a salué la qualité des échanges et remercié le directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, ainsi que les entreprises et partenaires présents. Pour la CCBCL, le développement du contenu local devient un enjeu économique important dans un pays où le cuivre, le cobalt et les minerais critiques attirent des investissements internationaux de plus en plus importants. Les autorités congolaises cherchent désormais à renforcer la présence des entreprises locales dans des secteurs comme la logistique, la maintenance industrielle, le transport, les services techniques, l’ingénierie ou encore la fourniture d’équipements liés aux projets miniers.
Mais malgré cette volonté politique, plusieurs PME congolaises peinent encore à accéder aux marchés miniers. Les contraintes restent nombreuses : difficultés d’accès au financement, exigences techniques élevées imposées par les groupes miniers, manque de garanties bancaires et faible intégration dans les grands contrats industriels. Dans ce contexte, l’ARSP joue un rôle central dans l’encadrement de la sous-traitance et dans l’application des règles destinées à favoriser les entreprises nationales dans certains segments d’activités.
La CCBCL annonce déjà une nouvelle initiative destinée à rapprocher directement les entreprises locales des opérateurs miniers afin de créer des partenariats concrets et des opportunités d’affaires. Pour plusieurs acteurs économiques, le développement du contenu local ne dépend pas uniquement des obligations réglementaires. Il nécessite aussi des PME capables de répondre aux standards techniques du secteur extractif, mais également un système bancaire prêt à financer davantage les sous-traitants miniers dans un environnement encore considéré comme risqué par plusieurs institutions financières.
Les organisateurs ont aussi remercié plusieurs partenaires ayant soutenu l’événement, parmi lesquels Rawbank, CFAO Mobility, Trust Merchant Bank, BRACONGO et RAWSUR. Pour les entreprises congolaises, le défi reste désormais de transformer ces échanges institutionnels en contrats réels capables de renforcer leur participation dans l’économie minière du pays.
— Peter MOYI


