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DRC Tax Masolo 2026: « Les incitations fiscales doivent accélérer le développement de la RDC et non appauvrir l’État », insiste Louison Kiyombo.

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Le Directeur Général de KPMG RDC, M. Louison Kiyombo, a procédé, ce mardi 19 mai, à l’hôtel Hilton de Kinshasa, au lancement de la troisième édition du forum « DRC Tax Masolo ». Le thème retenu cette année est : « Les incitations fiscales. Quels avantages pour le développement ? ».

Dans son allocution, le DG de KPMG a fait savoir que le thème choisi cette année figure parmi les grandes préoccupations de la RDC.

« En mettant en place ce forum DRC Tax Masolo, KPMG a voulu offrir une plateforme de dialogue franc, rigoureux et sans tabou entre les parties prenantes. L’enjeu fondamental de cette plateforme est de trouver le point d’équilibre : comment rendre et maintenir notre pays attractif pour des investissements massifs tout en assurant à l’État des revenus nécessaires au financement du développement et à l’érection des infrastructures pour le bien-être social de ses citoyens, Comment se rassurer que les incitations fiscales accordées par l’État aux opérateurs économiques ne constituent pas une perte de revenus, mais plutôt un investissement intelligent pour l’amélioration de notre environnement économique », a-t-il déclaré.

À l’en croire, près de 30 % du budget national, soit plus de 3 milliards de dollars de dépenses fiscales chaque année, représentent un sacrifice consenti par l’État pour l’amélioration de l’environnement économique.

Dans la foulée, il a indiqué que ce forum n’est pas un simple espace de discours, mais plutôt un incubateur de réflexion et de réforme.

« Les recommandations qui en découlent constituent une ressource mise à la disposition du gouvernement pour l’amélioration de l’espace économique, du climat des affaires et pour la mise en place de mesures rassurant les uns et les autres », a affirmé M. Louison Kiyombo.

En outre, il a rappelé plusieurs recommandations formulées lors de l’édition 2025, placée sous le thème de la rationalisation de la fiscalité congolaise.

Selon lui, certaines de ces recommandations ont déjà inspiré des réformes intervenues ces dernières années. Il a notamment cité le respect strict de l’exclusivité du contrôle fiscal confié à la DGI conformément aux textes légaux, le respect des procédures fiscales par les cours et tribunaux, notamment en matière de recouvrement, la mise en place d’un identifiant unique pour les personnes physiques et d’un numéro d’enregistrement pour les personnes morales, en remplacement des identifiants existants, ainsi que l’admission en déduction, sous certaines conditions, des provisions constituées par les entreprises pour faire face à des risques avérés. Il a également évoqué la rationalisation des contrôles fiscaux sur place, parmi d’autres recommandations.

Le DG de KPMG a indiqué que les travaux de cette année s’articulent autour de quatre piliers sur lesquels s’appuie l’État dans la gestion des incitations fiscales visant à encourager la croissance de l’économie congolaise.

Le premier pilier concerne le régime général. Les incitations accordées par l’État dans ce cadre visent à mesurer l’impact des exonérations sur la diversification du tissu économique et sur la création d’emplois pour les Congolais.

Le deuxième pilier porte sur les mines et les hydrocarbures. L’objectif est de lever le voile sur les différents mécanismes existants, d’évaluer les sacrifices consentis par l’État face aux investissements colossaux des opérateurs et de tracer des pistes pour une plus grande transparence, conformément aux exigences internationales, afin de maximiser la contribution réelle des industries extractives au développement national.

Le troisième pilier concerne les zones économiques spéciales. Il s’agit d’évaluer si les incitations fiscales agressives accordées dans ces zones ont permis de déclencher le choc industriel attendu.

Enfin, le quatrième pilier est consacré au secteur agricole. L’objectif est de stimuler la production locale, de réduire la dépendance alimentaire vis-à-vis des importations et de favoriser la mécanisation du secteur.

« Nous voulons offrir à l’autorité étatique une feuille de route claire pour affiner sa politique fiscale, rationaliser l’octroi des avantages et s’assurer du respect des clauses contractuelles afin de garantir une bonne finalité des incitations accordées », a-t-il martelé.

Il a, par ailleurs, souligné que les incitations fiscales ne sont pas une invention congolaise, rappelant qu’elles sont appliquées dans la quasi-totalité des pays du monde, à quelques exceptions près.

Notons que pendant deux jours, du 19 au 20 mai 2026, experts, décideurs publics, fiscalistes et représentants du secteur privé échangent autour des enjeux liés aux exonérations et aux politiques fiscales en République démocratique du Congo.

Pour rappel, installé en RDC depuis 1984, le cabinet KPMG accompagne les entreprises et institutions dans les domaines de l’audit, de la fiscalité, du conseil juridique et stratégique. Il s’appuie sur un réseau international tout en mettant en avant son expertise locale afin de soutenir la performance financière et le développement durable des organisations.

Eldad B.

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