En 2024, 58 millions USD ont été versés aux sinistrés au titre des indemnisations, contre 2 millions USD en 2018, d’après le rapport 2023–2024 sur l’état du marché des assurances présenté par l’Autorité de régulation. Sur la même année 2024, 377 millions USD de primes et de contrats ont été signés.
Pour l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), ce saut reflète une réalité simple, les sinistres déclarés sont davantage payés. Son directeur général, Alain Kaninda Ngalula, le résume ainsi : « En 2018, nous avions 2 millions de dollars américains qui étaient payés en termes d’indemnisation aux sinistrés, mais en 2024, sur les 377 millions de dollars de primes et de contrats qui ont été signés, nous avons 58 millions de dollars qui ont été payés aux sinistrés. Ceci témoigne que les indemnisations sont effectives ».
Ces chiffres sont un signal. Un marché d’assurance n’a de sens, pour les ménages comme pour les entreprises, que si la promesse de couverture se traduit par des paiements quand un risque arrive : accident, incendie, pertes, dégâts matériels. Quand les indemnisations montent, cela peut aussi indiquer que davantage d’assurés déclarent leurs sinistres et que les sociétés acceptent plus régulièrement de les régler.
Les assurances pèsent aussi sur les finances publiques, placements, TVA et impôts
L’ARCA met aussi en avant un autre canal, moins visible pour le grand public mais important pour l’économie : les placements. Une partie des primes collectées par les assureurs peut être placée en instruments financiers, notamment les bons du Trésor. Concrètement, l’État emprunte sur le marché intérieur et les investisseurs, comme les assureurs, achètent ces titres. Cela finance le budget et peut aussi soutenir l’activité via les banques.
Selon Alain Kaninda, « aujourd’hui, les assureurs, avec les primes qu’elles collectent, font des placements au niveau des bons de trésor ». Il ajoute qu’en 2024, près de 80 millions USD ont été placés dans les banques pour contribuer au financement de l’économie. Dans le même temps, l’ARCA souligne une contribution au budget via la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les impôts sur le revenu, sans détailler la ventilation.
Sur la fiscalité, l’indicateur donné est net : la contribution fiscale des opérateurs d’assurance serait passée d’environ 9 millions USD en 2019 à 58 millions USD en 2024. Cette hausse peut venir de plusieurs facteurs, comme la croissance de l’activité, l’augmentation du volume de primes déclarées et une meilleure conformité fiscale, même si le rapport cité ne précise pas les mécanismes poste par poste.
L’ARCA insiste aussi sur la solvabilité des compagnies, c’est-à-dire leur capacité à payer les sinistres sans se retrouver en difficulté. Le régulateur indique qu’après la libéralisation du secteur depuis 2019, une progression des fonds propres et de la marge de solvabilité a été observée, avec une hausse de 5 % en 2022, 6 % en 2023, puis plus de 20 % en 2024. Pour le régulateur, cela signifie que les engagements pris par les assureurs sont « largement couverts » par leurs fonds propres, donc que la solidité financière du secteur se renforce.
Enfin, l’ARCA projette une trajectoire de croissance du marché. Objectif annoncé : atteindre 600 millions USD pour l’exercice 2026, puis dépasser 1 milliard USD à l’horizon 2030. Pour y arriver, l’institution évoque cinq axes, faire connaître l’assurance et le code des assurances, développer des canaux numériques, renforcer le contrôle des opérateurs, mieux appliquer les assurances obligatoires et lutter contre l’évasion des primes, et élargir l’offre via l’assurance-vie et des produits plus accessibles.
— M. KOSI


