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De l’investissement aux minerais critiques : Mukoko Samba revient sur la nouvelle donne RDC–USA

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La visite de la délégation congolaise à Washington ne s’est pas limitée à la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Le 4 décembre 2025, Kinshasa et les États-Unis ont aussi posé les bases d’une relation politique et économique plus structurée, avec au centre un nouvel Accord de Partenariat Stratégique.

Une relation repensée entre la RDC et les États-Unis

Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, présente ce texte comme « l’entrée de la RDC dans une relation de confiance politique avancée avec les États-Unis ». Autrement dit, la RDC ne reste plus seulement un pays où l’on investit dans les mines. Elle devient un partenaire avec qui Washington veut organiser, dans la durée, ses liens économiques, sécuritaires et diplomatiques.

Deux documents ont été signés en marge de la cérémonie officielle. D’abord, l’Accord de Partenariat Stratégique entre la RDC et les États-Unis. Puis un protocole d’entente centré sur la défense et la sécurité. Pour Mukoko Samba, ces textes tournent la page d’un ancien cadre hérité de 1984, qui se limitait surtout à l’investissement privé. Ils ouvrent un cadre plus large, qui englobe l’économie, la sécurité, mais aussi la gouvernance et l’innovation.

Le champ du partenariat couvre plusieurs axes. Il concerne le commerce et l’activité économique, avec l’idée de mieux encadrer les investissements. Il inclut aussi la défense et la sécurité, dans un contexte régional marqué par les groupes armés et les économies de guerre. Il touche la gouvernance et les réformes institutionnelles, afin de renforcer l’État et les règles du jeu. Enfin, il s’étend à la science, la technologie et l’innovation, domaines clés pour la compétitivité future de la RDC.

Derrière ces engagements, il y a un constat simple : l’accès aux minerais dits « critiques » pèse de plus en plus dans les rapports de force mondiaux. Le cobalt, le cuivre et d’autres métaux stratégiques sont indispensables aux batteries, aux technologies vertes et à certains équipements militaires. La RDC dispose d’une part importante de ces ressources. Washington l’assume désormais au grand jour et veut traiter Kinshasa comme un partenaire stratégique, et non plus comme un simple fournisseur.

L’Accord de Partenariat Stratégique prévoit ainsi un mécanisme bilatéral pour mieux sécuriser et formaliser cet accès aux minerais. L’objectif affiché est de sortir des circuits opaques qui ont longtemps alimenté les conflits dans la région des Grands Lacs. Pour la RDC, l’enjeu est clair : transformer son poids minier en levier politique et économique, tout en cherchant à réduire le lien entre ressources naturelles et violence.

— M. KOSI

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