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Kamoa-Kakula ajoute 30 MW solaires pour sécuriser sa production de cuivre

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Kamoa Copper et Green World Energie ont signé un nouvel accord énergétique pour renforcer l’alimentation électrique du complexe minier de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba. Le projet prévoit l’ajout de 30 MW d’énergie renouvelable grâce à une centrale solaire couplée à un système de stockage par batteries de 581 MWh. L’objectif est de réduire la dépendance du site aux générateurs diesel et de soutenir la montée en puissance de la production de cuivre.

Pour Kamoa-Kakula, la question énergétique devient aussi importante que la capacité de production minière. Le complexe figure parmi les plus grands projets de cuivre au monde et ses besoins en électricité augmentent rapidement avec l’extension des installations industrielles, des concentrateurs et des équipements souterrains. Dans un pays où les coupures et le déficit électrique restent fréquents, disposer d’une source d’énergie stable représente un enjeu économique direct pour la continuité des opérations.

Le nouvel accord signé avec Green World Energie s’inscrit dans la deuxième phase du programme solaire du site. Selon les informations publiées par Kamoa Copper, l’installation combinera une centrale photovoltaïque et un système de batteries capable de stocker l’électricité produite durant la journée pour la restituer lorsque la demande augmente ou lorsque l’ensoleillement diminue. Kamoa Copper évoque une capacité solaire de 186 MWc, alors que Mines.cd mentionne 200 MWc. Les deux sources indiquent néanmoins le même niveau de stockage de 581 MWh.

Kamoa Copper

L’intérêt du projet réside surtout dans le système de stockage énergétique. Dans l’industrie minière, produire de l’électricité solaire seule ne suffit pas, car les activités nécessitent une alimentation continue, de jour comme de nuit. Les batteries permettent donc de stabiliser l’approvisionnement et de limiter le recours aux groupes électrogènes diesel, dont les coûts restent élevés et sensibles aux variations des prix du carburant. Cette stratégie doit aussi améliorer la sécurité énergétique d’un complexe appelé à accroître fortement ses capacités dans les prochaines années.

Selon les projections publiées par Ivanhoe Mines et relayées par Bankable, la demande électrique totale de Kamoa-Kakula devrait passer de 208 MW fin 2025 à 347 MW en 2028. Cette progression accompagne les ambitions industrielles du projet. Ivanhoe Mines indique que Kamoa-Kakula a produit 388 838 tonnes de cuivre en 2025 et prévoit une production comprise entre 290 000 et 330 000 tonnes en 2026. À partir de 2028, l’entreprise vise plus de 500 000 tonnes d’anodes de cuivre par an.

Ce type d’investissement illustre aussi l’évolution des exigences dans le secteur minier mondial. Les grands groupes cherchent désormais à sécuriser leur alimentation énergétique tout en réduisant leurs émissions carbone. Les acheteurs internationaux de métaux accordent de plus en plus d’attention aux conditions de production du cuivre, du cobalt et des autres minerais utilisés dans les batteries et les technologies industrielles.

Pour la RDC, l’enjeu dépasse le seul site de Kamoa-Kakula. Si ces investissements contribuent à développer des compétences locales dans le solaire industriel, le stockage énergétique et la maintenance des équipements, ils pourraient soutenir l’émergence d’un écosystème énergétique plus large autour des grandes mines du pays.

— Joldie KAKESA

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