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RDC : le budget 2026 de 54 335,7 milliards CDF sera revu avant fin mai

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Le Gouvernement congolais prépare une révision du budget 2026, adopté il y a moins de cinq mois à hauteur de 54 335,7 milliards CDF, soit environ 22 milliards USD. La Première ministre Judith Suminwa a demandé au ministère du Budget d’accélérer la préparation d’une Loi de finances rectificative afin que le texte soit transmis au Parlement avant la fin du mois de mai. Cette décision intervient alors que plusieurs hypothèses économiques utilisées lors de l’élaboration du budget ne correspondent plus totalement à la situation actuelle.

L’instruction a été donnée lors de la 88e réunion du Conseil des ministres du 8 mai 2026, tenue à la Cité de l’Union africaine sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi. Pour l’exécutif, cette révision budgétaire ne consiste pas uniquement à corriger des chiffres. Le futur texte devra revoir certaines prévisions de recettes, réorganiser des dépenses et intégrer les conclusions des discussions récentes entre la RDC et le Fonds monétaire international. Le Gouvernement veut maintenir la stabilité macroéconomique tout en continuant à respecter ses engagements internationaux.

Le FMI appelle à plus de discipline sur les dépenses publiques

Cette révision intervient après la mission du FMI achevée le 6 mai 2026 dans le cadre de la troisième revue de la Facilité élargie de crédit et de la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité. L’institution financière estime que l’économie congolaise reste solide, avec une croissance réelle attendue au-dessus de 5,5 % en 2025 comme en 2026. Mais elle souligne aussi que le conflit dans l’Est du pays continue de peser sur les finances publiques et sur les besoins budgétaires de l’État.

Selon le FMI, le déficit budgétaire intérieur a dépassé le plafond prévu d’environ 0,6 point de PIB à fin décembre 2025, malgré une bonne mobilisation des recettes publiques. Le Fonds recommande donc à la RDC d’augmenter ses recettes internes et de limiter les dépenses jugées non prioritaires. En pratique, cela signifie que le Gouvernement devra mieux encadrer certaines dépenses afin d’éviter un déséquilibre plus important des finances publiques.

Le budget 2026 avait été construit sur plusieurs hypothèses économiques, notamment une croissance du PIB de 5,3 %, une inflation moyenne de 4,4 %, un taux de change moyen de 2 467 CDF pour un dollar américain et un PIB nominal estimé à 109 milliards USD. Ces paramètres pourraient être ajustés en fonction de l’évolution réelle de l’économie, des recettes de l’État et des nouvelles priorités liées à la sécurité ou aux investissements publics.

Le FMI attire aussi l’attention sur les risques liés à l’évolution des prix du pétrole sur le marché international. La hausse des prix des carburants peut provoquer une augmentation des coûts de transport et des prix des produits de consommation. Même si l’inflation annuelle est restée sous la barre de 2,5 % depuis octobre 2025, donc largement en dessous de la cible de 7 % fixée par la Banque centrale du Congo, l’institution estime que des pressions inflationnistes pourraient réapparaître dans les prochains mois.

La future Loi de finances rectificative devra également préciser l’utilisation des ressources issues de l’Eurobond récemment émis par la RDC. Le FMI demande que ces fonds servent principalement à financer des investissements productifs et non des dépenses courantes. Pour le Gouvernement, le défi sera donc de trouver un équilibre entre les besoins immédiats de financement, les engagements internationaux et la nécessité de préserver la stabilité économique du pays.

— Peter MOYI

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