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Mines : malgré des coûts réduits de 35 % chez Southern Copper, les prix du cuivre restent supérieurs à 10 000 USD la tonne

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Le cuivre continue d’évoluer à des niveaux élevés sur les marchés internationaux, avec des prix récemment supérieurs à 10 000 USD la tonne. Cette tendance ne s’explique plus seulement par la demande liée à la transition énergétique et aux technologies numériques. Les coûts de production deviennent aussi un élément central dans l’évolution du marché mondial du cuivre.

Dans l’industrie minière, les analystes suivent particulièrement deux indicateurs pour mesurer la rentabilité des producteurs. Le premier, le C1 Cash Cost, correspond aux dépenses directes nécessaires pour produire le cuivre, notamment l’extraction, le traitement, le transport, l’énergie et la main-d’œuvre. Le second, l’AISC, considéré comme plus complet, intègre aussi les investissements nécessaires pour maintenir la production sur le long terme, comme la maintenance des équipements, les infrastructures, les obligations environnementales ou encore les dépenses de soutien aux opérations minières.

Selon une analyse publiée par MiningVisuals, certains grands groupes miniers ont récemment réussi à réduire leurs coûts malgré un contexte mondial plus tendu. Southern Copper aurait enregistré en 2025 l’un des coûts C1 les plus faibles du secteur, autour de 1 279 USD par tonne métrique, soit une baisse annuelle estimée à environ 35 %. Cette amélioration serait notamment liée aux revenus générés par les sous-produits miniers. Rio Tinto aurait également abaissé ses coûts autour de 1 477 USD par tonne grâce à l’augmentation de la production du projet Oyu Tolgoi en Mongolie.

Mais ces performances ne changent pas la tendance générale observée dans le secteur. Produire du cuivre devient progressivement plus coûteux. La baisse des teneurs des minerais oblige les entreprises minières à traiter davantage de roche pour obtenir la même quantité de cuivre. À cela s’ajoutent la hausse des coûts énergétiques, les tensions sur l’approvisionnement en eau dans certaines régions minières, les besoins croissants en investissements et les exigences environnementales de plus en plus strictes.

Cette situation intervient alors que la demande mondiale continue d’augmenter. Les véhicules électriques, les réseaux électriques, les centres de données, les batteries et les infrastructures numériques consomment des volumes importants de cuivre. Pour de nombreux spécialistes du secteur, cette combinaison entre une demande forte et une offre plus difficile à développer pourrait maintenir les prix du cuivre à des niveaux élevés sur le long terme.

La République démocratique du Congo se retrouve directement concernée par cette évolution. Devenue le deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili, la RDC occupe désormais une position stratégique dans l’approvisionnement mondial en métaux utilisés dans les technologies modernes et la transition énergétique. Les grands projets miniers développés dans le Lualaba et le Haut-Katanga renforcent encore davantage cette place.

Pour Kinshasa, cette situation peut soutenir les recettes d’exportation, les revenus fiscaux et les investissements dans le secteur minier. Mais les experts estiment aussi que la compétitivité future du pays dépendra fortement de ses infrastructures énergétiques, logistiques et ferroviaires. Dans un contexte où les coûts miniers augmentent partout dans le monde, les producteurs capables de sécuriser une énergie stable, un transport efficace et des coûts opérationnels maîtrisés disposeront d’un avantage important sur le marché international du cuivre.

Les projets liés au corridor de Lobito, au développement énergétique et à la transformation locale des minerais prennent ainsi une importance croissante dans la stratégie minière de la RDC et dans la compétition mondiale autour du cuivre.

— Joldie KAKESA

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